Contes et légendes

Qui a écrit le conte La Belle au bois dormant ?

La réponse

Le conte La Belle au bois dormant a été publié par Charles Perrault en 1697, dans le recueil généralement appelé Les Contes de ma mère l'Oye. Les frères Grimm l'ont adapté en 1812, mais les fées ne sont pas un ajout de leur version : Perrault en faisait déjà intervenir plusieurs.

En savoir plus

La Belle au bois dormant est principalement associée à Charles Perrault, qui en a publié la version littéraire française la plus célèbre en 1697. Le récit s’inscrit toutefois dans une tradition plus ancienne de contes merveilleux, ce qui explique l’existence de variantes avant et après Perrault. Les frères Grimm ont eux aussi proposé une adaptation, mais ils ne sont pas les premiers auteurs à avoir introduit les fées dans cette histoire.

La version publiée par Perrault

Charles Perrault publie La Belle au bois dormant en 1697, dans le recueil généralement appelé Les Contes de ma mère l’Oye, dont le titre est Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités. Il donne au récit une forme littéraire caractéristique de son époque, en l’accompagnant de moralités en vers. Son texte raconte la naissance d’une princesse à laquelle plusieurs fées viennent offrir leurs dons. Une fée âgée, qui n’a pas été conviée, prononce alors une malédiction : la jeune fille se piquera le doigt à un fuseau et mourra. Une autre fée atténue cette sentence en annonçant qu’elle ne mourra pas, mais dormira pendant cent ans avant d’être réveillée par le fils d’un roi.

Un conte aux motifs plus anciens

Perrault n’a pas nécessairement inventé de toutes pièces les motifs du sommeil magique, de la princesse frappée par une malédiction et du réveil merveilleux. Des récits antérieurs présentent déjà des éléments apparentés. Parmi les précédents littéraires connus figure Sole, Luna e Talia, de l’Italien Giambattista Basile, publié dans le recueil Il Pentamerone entre 1634 et 1636. Cette histoire met également en scène une jeune femme plongée dans un sommeil surnaturel. Ces rapprochements montrent que Perrault a inscrit son récit dans une histoire narrative plus vaste, sans remettre en cause le fait que la version publiée en 1697 est la sienne.

Les particularités du récit de 1697

Dans le texte de Perrault, le prince finit par parvenir jusqu’au château après les cent années annoncées. La princesse se réveille et l’histoire se poursuit par leur mariage. La version originale ne s’arrête donc pas entièrement au réveil de la jeune fille : elle comporte une seconde partie dans laquelle la mère du prince, présentée comme une ogresse, tente de faire disparaître la jeune reine et ses enfants. Cet épisode est souvent supprimé dans les adaptations abrégées, qui privilégient le sommeil, l’arrivée du prince et le réveil de la princesse. La présence de plusieurs fées appartient, elle aussi, au texte de Perrault : elle n’est pas une invention ultérieure des frères Grimm.

L’adaptation des frères Grimm

Les frères Jacob et Wilhelm Grimm publient leur propre version en 1812, sous le titre Dornröschen, dans leur recueil Contes de l’enfance et du foyer. Leur récit est plus bref que celui de Perrault et s’achève peu après le réveil de la princesse et son union avec le prince. Il conserve néanmoins le rôle des femmes surnaturelles : treize femmes sages vivent dans le royaume, mais seules douze sont invitées à la fête de naissance, faute de vaisselle suffisante. La treizième, exclue de la célébration, prononce la malédiction. Cette différence de traitement ne doit pas conduire à attribuer le conte aux Grimm : ils en ont proposé une adaptation en 1812, tandis que Charles Perrault en avait publié une version littéraire dès 1697.

CultureG.org