Quelle est l’une des plus anciennes œuvres narratives écrites connues ?
La réponse
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Parmi les œuvres narratives les plus anciennes dont l’existence est attestée par des textes écrits figure l’Épopée de Gilgamesh. Née en Mésopotamie, dans le monde des cités sumériennes puis akkadiennes, elle raconte les aventures de Gilgamesh, roi légendaire d’Uruk, et sa quête d’immortalité. Les premières versions écrites connues remontent au début du IIe millénaire av. J.-C., ce qui explique la place centrale de cette œuvre dans l’histoire de la littérature.
Une œuvre issue de traditions anciennes
L’Épopée de Gilgamesh n’est pas un récit composé en une seule fois par un auteur identifié. Elle résulte de la mise en forme progressive de traditions mésopotamiennes, notamment de poèmes sumériens consacrés au roi d’Uruk. Ces récits ont ensuite été transmis et développés en akkadien, une langue sémitique écrite en caractères cunéiformes. Les textes étaient gravés sur des tablettes d’argile, le principal support de l’administration, de la religion et de la littérature dans l’ancienne Mésopotamie. Cette transmission par copies successives explique l’existence de plusieurs versions et de passages parfois différents selon les tablettes conservées.
Le parcours de Gilgamesh
Au début du récit, Gilgamesh apparaît comme un souverain puissant, mais aussi comme un roi dont le comportement suscite la méfiance de ses sujets. Les dieux créent alors Enkidu, un être sauvage destiné à lui faire contrepoids. D’abord adversaires, les deux personnages deviennent des compagnons inséparables. Cette amitié constitue le cœur de l’épopée et conduit Gilgamesh à affronter des dangers extraordinaires. Après la mort d’Enkidu, le roi prend conscience de sa propre mortalité et entreprend de rechercher un moyen d’échapper à la mort. Son voyage le mène jusqu’à Utnapishtim, un survivant du déluge auquel les dieux ont accordé une existence immortelle. Le récit montre finalement que la condition humaine ne peut être abolie et que la renommée, les actes accomplis et les œuvres bâties constituent une autre forme de survivance.
Des tablettes préservées à travers les siècles
Les fragments connus de l’épopée proviennent de plusieurs périodes et de différents lieux de Mésopotamie. Une version plus développée, souvent appelée version « standard », est notamment connue grâce à des tablettes retrouvées à Ninive, dans la bibliothèque du roi assyrien Assurbanipal. Ces tablettes, qui sont des copies postérieures, ne correspondent donc pas nécessairement à la première rédaction du récit. Elles ont néanmoins permis de reconstituer une grande partie de l’œuvre et de suivre l’évolution d’une tradition littéraire sur plusieurs siècles. Certains épisodes, comme la recherche d’une plante censée rendre la jeunesse, apparaissent dans cette transmission complexe et renforcent le thème de la lutte contre le vieillissement et la mort.
Une portée qui dépasse son époque
L’intérêt de l’Épopée de Gilgamesh tient autant à son ancienneté qu’à la richesse de ses thèmes. Le texte aborde l’exercice du pouvoir, l’amitié, le deuil, la sagesse et les limites imposées aux êtres humains. L’épisode du déluge présente par ailleurs des ressemblances avec d’autres récits antiques, mais ces parallèles ne suffisent pas à prouver une influence directe sur une œuvre particulière. Il est plus prudent de voir dans l’épopée un témoignage majeur de la culture mésopotamienne et l’un des premiers grands récits littéraires conservés, plutôt que de lui attribuer sans preuve une influence précise sur toute la littérature ultérieure.
