Quel est le premier conte japonais à avoir été traduit en Occident ?
La réponse
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Le conte du coupeur de bambou, connu sous le titre japonais Taketori monogatari et souvent appelé l’histoire de la princesse Kaguya, est généralement considéré comme le premier grand conte japonais traduit en Occident. L’œuvre appartient aux débuts de la littérature narrative japonaise et raconte l’histoire d’une jeune fille mystérieuse découverte dans un bambou lumineux. Sa traduction en anglais par F. Victor Dickens, en 1888, constitue une étape importante dans la découverte de la littérature japonaise par le public occidental. La date de 1856 et le titre L’Histoire de l’enfant à la lune ne correspondent donc pas à l’œuvre généralement retenue pour cette distinction.
La naissance de la princesse Kaguya
Le récit s’ouvre sur la découverte d’une minuscule enfant à l’intérieur d’un bambou brillant par un vieux coupeur de bambou. Adoptée par celui-ci et son épouse, la jeune fille grandit rapidement et devient d’une beauté exceptionnelle. Elle reçoit le nom de Kaguya-hime, généralement traduit par princesse Kaguya. Sa beauté attire de nombreux prétendants, mais elle leur impose des épreuves presque impossibles, fondées sur la recherche d’objets merveilleux. Même l’empereur ne parvient pas à retenir la jeune femme, car son origine véritable est céleste : elle doit finalement retourner auprès des habitants de la Lune. Le conte associe ainsi merveilleux, mélancolie et réflexion sur le caractère éphémère des relations humaines.
Un texte ancien de la littérature japonaise
Le Taketori monogatari est généralement situé entre la fin du IXe siècle et le début du Xe siècle, durant l’époque de Heian. Son auteur demeure inconnu. L’œuvre est souvent présentée comme l’un des plus anciens récits japonais en prose conservés et comme un texte fondateur de la tradition des monogatari, terme qui désigne des récits littéraires japonais. Elle ne se réduit pas à une simple histoire fantastique : les épisodes merveilleux servent aussi à mettre en scène les limites du pouvoir, de la richesse et du désir. Le retour de Kaguya vers la Lune donne au récit une tonalité particulière, marquée par la séparation et l’impossibilité de posséder durablement ce qui est beau ou extraordinaire.
La traduction de 1888
La traduction qui a notamment établi la place du conte dans les échanges littéraires entre le Japon et l’Occident est celle de F. Victor Dickens, publiée en anglais en 1888. Cette version a rendu accessible à un lectorat anglophone un texte dont la langue, les références et les conventions narratives appartenaient à un contexte japonais ancien. Traduire le Taketori monogatari supposait en effet de restituer à la fois ses éléments surnaturels, son humour parfois critique envers les prétendants et sa dimension poétique. Cette étape ne signifie pas que toute réception occidentale du Japon commence avec une seule publication, mais le conte du coupeur de bambou est généralement retenu comme le premier grand conte japonais à avoir été traduit en Occident.
Une œuvre toujours présente dans la culture japonaise
L’histoire de Kaguya a conservé une forte présence dans la culture japonaise. Elle est régulièrement adaptée dans des livres pour la jeunesse, au théâtre, à la télévision et au cinéma. Sa popularité tient à la simplicité de sa trame, mais aussi à la richesse de ses interprétations : le conte peut être lu comme une histoire d’origine surnaturelle, une critique des ambitions sociales ou une méditation sur la séparation. Le personnage de Kaguya-hime est ainsi devenu l’une des figures les plus reconnaissables du patrimoine narratif japonais. Cette longévité explique également pourquoi le Taketori monogatari demeure la référence lorsqu’il est question des premiers contes japonais connus du public occidental.
