Quel alphabet est utilisé pour écrire le russe ?
La réponse
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Le russe s’écrit avec l’alphabet cyrillique, qui compte aujourd’hui 33 lettres. Même si le nom de cet alphabet rappelle Cyrille, moine et lettré byzantin du IXe siècle, il n’a pas été conçu directement par lui. Le cyrillique est issu d’une évolution de l’écriture slave médiévale et s’est imposé progressivement dans plusieurs régions du monde slave. L’alphabet russe actuel constitue donc une version particulière d’un système graphique utilisé, avec des adaptations, par plusieurs langues.
Une origine dans le monde slave médiéval
L’alphabet cyrillique a été élaboré à la fin du IXe siècle dans le monde slave, probablement par des disciples de Cyrille et Méthode. Les deux frères byzantins avaient joué un rôle majeur dans la mission d’évangélisation et de traduction des textes religieux en langue slave, mais le système d’écriture qui porte le nom de Cyrille est apparu dans le prolongement de leur œuvre, après leur mort. Il s’appuie notamment sur l’alphabet grec et comprend des signes permettant de noter des sons propres aux langues slaves. Il ne faut pas le confondre avec le glagolitique, une autre écriture slave ancienne associée à la mission de Cyrille et Méthode : le glagolitique et le cyrillique sont deux alphabets distincts.
Les particularités de l’alphabet russe
L’alphabet russe comprend les 33 lettres suivantes : А, Б, В, Г, Д, Е, Ё, Ж, З, И, Й, К, Л, М, Н, О, П, Р, С, Т, У, Ф, Х, Ц, Ч, Ш, Щ, Ъ, Ы, Ь, Э, Ю et Я. Certaines ont une valeur sonore assez proche de lettres latines, tandis que d’autres correspondent à des sons ou à des fonctions graphiques moins familiers aux francophones. La lettre Ж note par exemple un son proche de celui que l’on entend dans « jeu », tandis que Ц et Щ représentent des consonnes particulières du russe. Les signes Ъ et Ь ne notent pas un son indépendant : le premier, appelé signe dur, peut séparer une consonne de la voyelle qui suit, et le second, appelé signe mou, indique notamment la palatalisation de la consonne précédente. Dans l’écriture courante, le tréma de Ё est souvent omis et remplacé graphiquement par Е, même si Ё fait bien partie de l’alphabet russe.
Des réformes et des alphabets cyrilliques variés
La forme utilisée en Russie s’est transformée au fil du temps. Sous Pierre le Grand, au début du XVIIIe siècle, les caractères employés dans les textes civils et administratifs ont été modernisés : cette réforme typographique, connue sous le nom d’écriture civile, a donné aux lettres une apparence plus proche des formes européennes de l’époque. Une réforme orthographique menée en 1917 et 1918 a ensuite supprimé certaines anciennes lettres et l’usage du signe dur en fin de mot, contribuant à établir l’alphabet russe moderne de 33 lettres. Le cyrillique ne forme toutefois pas un alphabet identique dans toutes les langues. Le bulgare, le serbe, l’ukrainien et le macédonien l’utilisent avec des lettres, des règles orthographiques et des prononciations adaptées à leur propre système linguistique. Le russe appartient ainsi à une famille d’écritures cyrilliques, tout en possédant un ensemble de signes et de conventions qui lui sont propres.
