Traditions du monde

Qui porte les kimonos lors des mariages traditionnels japonais ?

La réponse

Lors des mariages traditionnels japonais, c'est la mariée qui porte un kimono blanc appelé Shiromuku, symbolisant la pureté et la sincérité. Le marié, quant à lui, porte souvent un kimono noir appelé Montsuki. Les invités portent également des kimonos, mais de couleurs plus vives, selon leur âge et leur statut. Cette tenue vestimentaire est un hommage aux coutumes japonaises et à l'harmonie.

En savoir plus

Lors des mariages traditionnels japonais, le kimono incarne bien plus qu’un simple vêtement : il est le reflet d’une histoire millénaire, d’un statut social et d’une symbolique profonde. Ces cérémonies, où chaque détail vestimentaire est chargé de sens, opposent souvent la sobriété immaculée de la mariée à l’élégance sobre du marié. Mais au-delà des époux, les invités jouent également un rôle dans cette mise en scène codifiée, où la couleur et le motif du kimono deviennent des marqueurs de respect et de tradition.

L'élégance virginale du Shiromuku

Le Shiromuku, ce kimono blanc porté par la mariée lors de la cérémonie shintoïste, puise ses origines dans l’époque Edo (1603-1868), où les tenues de mariage étaient déjà caractérisées par une blancheur immaculée. Ce choix de couleur n’est pas anodin : le blanc symbolise la pureté, la sincérité et une nouvelle vie, des valeurs essentielles dans le contexte du mariage traditionnel. Le Shiromuku est souvent accompagné d’un hakra (ceinture large) rouge ou blanche, appelé darari obi, et d’un tsunokakushi, un petit voile blanc couvrant les cheveux, censé cacher les traits de la mariée pour éviter d’attirer les mauvais esprits. Ces éléments, combinés à une coiffure sophistiquée comme le nihongami, transforment la tenue en une véritable œuvre d’art éphémère, soigneusement préservée pour les générations futures.

Le Montsuki : l'austérité noble du marié

Contrairement à la mariée, le marié arbore généralement un kimono noir appelé Montsuki ou Furisode, bien que ce dernier terme désigne plutôt un kimono à manches longues porté par les jeunes femmes. Le Montsuki est souvent associé à un hakama (pantalon large) et un haori (veste courte), formant ainsi un ensemble appelé tomesode. Ce costume, sobre et rigoureux, reflète l’importance du rôle masculin dans la cérémonie : il incarne la stabilité, le sérieux et le respect des traditions familiales. Les motifs brodés sur le haori et le hakama, souvent des crêtes familiales (mon), soulignent l’appartenance à une lignée et renforcent le caractère solennel de l’événement. Contrairement au Shiromuku, le Montsuki peut être porté à plusieurs reprises, notamment lors des réceptions ou des événements officiels.

Les invités : une palette de couleurs et de symboles

Les invités, qu’ils soient membres de la famille ou amis proches, ne portent pas de kimonos blancs ou noirs, mais des tenues aux couleurs vives et aux motifs variés, selon leur âge, leur sexe et leur lien avec les mariés. Les femmes mariées optent souvent pour des tomesode noirs ou foncés, ornés de motifs discrets, tandis que les jeunes femmes célibataires choisissent des furisode, reconnaissables à leurs manches longues et colorées. Les hommes, quant à eux, portent généralement des Montsuki ou des hakama plus simples, parfois accompagnés d’un haori aux motifs moins élaborés que celui du marié. Les couleurs des kimonos des invités, bien que moins codifiées que celles des époux, suivent certaines règles implicites : les teintes pastel sont réservées aux jeunes filles, tandis que les motifs floraux ou les couleurs vives sont appréciés des femmes plus âgées. Ces choix vestimentaires ne sont pas uniquement esthétiques : ils reflètent le respect des hiérarchies sociales et l’harmonie recherchée lors de ces célébrations.

L'évolution des traditions : entre héritage et modernité

Si les mariages traditionnels japonais conservent une grande partie de leurs rites ancestraux, les pratiques vestimentaires évoluent avec le temps. Aujourd’hui, de nombreux couples optent pour des tenues hybrides, mêlant éléments traditionnels et influences contemporaines. Par exemple, certaines mariées choisissent de porter un Shiromuku uniquement pour la cérémonie shintoïste, puis changent pour une robe occidentale lors de la réception. De même, les invités n’hésitent plus à adapter leurs kimonos à leur style personnel, tout en respectant les codes de base. Cependant, malgré ces adaptations, le kimono reste un symbole incontournable des mariages japonais, témoignant de la persistance d’une culture où le passé et le présent s’entremêlent avec élégance.