Présidents français

Qui fut le premier président de la Ve République en 1958 ?

La réponse

Charles de Gaulle fut le premier président de la Ve République, élu en 1958. Il a joué un rôle clé dans la rédaction de la Constitution de 1958, qui a renforcé les pouvoirs exécutifs pour stabiliser la France après la crise algérienne.

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Charles de Gaulle fut le premier président de la Ve République. Élu le 21 décembre 1958 au suffrage universel indirect, il prend officiellement ses fonctions le 8 janvier 1959, après la passation des pouvoirs avec René Coty à l’Élysée. La distinction entre ces deux dates est importante : la Constitution de la Ve République avait été approuvée par référendum le 28 septembre 1958 et promulguée le 4 octobre, mais Coty est resté chef de l’État jusqu’à l’entrée en fonction de son successeur. De Gaulle a joué un rôle politique majeur dans la naissance de ce nouveau régime, conçu pour renforcer l’exécutif et mettre fin à l’instabilité de la IVe République.

Le retour au pouvoir dans la crise algérienne

La Ve République apparaît dans un contexte de crise institutionnelle et militaire. La guerre d’Algérie, commencée en 1954, met en difficulté les gouvernements successifs de la IVe République, tandis que l’armée et les partisans de l’Algérie française contestent la politique menée depuis Paris. Le 13 mai 1958, une insurrection éclate à Alger et entraîne la formation d’un Comité de salut public. Face au risque d’effondrement de l’autorité de l’État, le président René Coty demande à Charles de Gaulle de former un gouvernement le 29 mai. De Gaulle est investi président du Conseil par l’Assemblée nationale le 1er juin 1958. Il reçoit alors pour mission de rétablir la stabilité politique et de préparer une nouvelle Constitution, avec l’objectif de donner au pouvoir exécutif une autorité plus durable.

La Constitution du 4 octobre 1958

Charles de Gaulle fixe les grandes orientations politiques du projet constitutionnel, tandis que Michel Debré, garde des Sceaux, et les services gouvernementaux participent étroitement à sa rédaction. Le texte cherche à éviter les blocages qui avaient marqué le régime précédent en organisant un exécutif plus solide. Le président de la République devient le garant des institutions ; il nomme le Premier ministre, peut dissoudre l’Assemblée nationale après les consultations prévues par la Constitution, peut soumettre certains projets au référendum et dispose, dans des circonstances exceptionnelles, des pouvoirs prévus par l’article 16. Le gouvernement reste toutefois responsable devant l’Assemblée nationale, ce qui distingue la Ve République d’un régime présidentiel pur. Le projet est approuvé par référendum le 28 septembre 1958 avec environ 79 % de votes favorables, puis promulgué le 4 octobre.

Une première élection au suffrage indirect

La Constitution de 1958 ne prévoit pas encore l’élection du président au suffrage universel direct. Pour le premier scrutin présidentiel de la Ve République, un collège électoral composé notamment de parlementaires et de représentants des collectivités territoriales se réunit le 21 décembre 1958. Charles de Gaulle obtient 78,5 % des suffrages. Il ne fait pas face à un seul adversaire : deux autres candidats se présentent, le communiste Georges Marrane et Albert Châtelet, soutenu par l’Union des forces démocratiques. Cette élection indirecte marque une rupture avec la pratique de la IVe République tout en restant différente du mode de scrutin instauré après la révision constitutionnelle de 1962. La première élection présidentielle au suffrage universel direct aura lieu en 1965.

Les débuts de la présidence de Gaulle

Après son entrée en fonction le 8 janvier 1959, Charles de Gaulle nomme Michel Debré Premier ministre. La crise algérienne demeure le principal défi de son début de mandat. En septembre 1959, le président reconnaît aux Algériens le droit à l’autodétermination, une évolution qui ouvre la voie aux accords d’Évian de 1962 et à l’indépendance de l’Algérie. Parallèlement, le nouveau pouvoir consolide les institutions et affirme une politique étrangère attachée à l’autonomie de la France. Cette orientation se traduit notamment par le développement de la force de dissuasion nucléaire, dont le premier essai français est réalisé en 1960. De Gaulle inaugure ainsi une pratique présidentielle durablement associée à un exécutif fort et à une forte personnalisation du pouvoir.

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