Qui fut le premier président de la Troisième République française ?
La réponse
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Adolphe Thiers fut le premier président de la Troisième République française. Son accession au pouvoir intervient dans une période de crise ouverte par la défaite de Sedan, la chute de Napoléon III et la guerre franco-prussienne de 1870-1871. La République ne dispose alors pas encore d’institutions constitutionnelles définitives : elle se construit progressivement sous l’autorité d’une Assemblée nationale élue en février 1871.
Une fonction d’abord provisoire
Le 17 février 1871, l’Assemblée nationale élit Adolphe Thiers « chef du pouvoir exécutif de la République française ». Il dirige donc le gouvernement au nom de l’Assemblée, dans un cadre institutionnel encore provisoire. La loi Rivet du 31 août 1871 lui attribue ensuite officiellement le titre de président de la République française. Cette distinction explique pourquoi certaines chronologies mentionnent février 1871 pour son élection et d’autres août 1871 pour l’adoption de son titre présidentiel. Thiers est ainsi considéré comme le premier président de la Troisième République, même si la Constitution qui organise durablement le régime ne sera adoptée qu’en 1875.
Rétablir l’autorité de l’État
À son arrivée au pouvoir, Thiers doit faire face aux lourdes conséquences de la guerre : l’occupation d’une partie du territoire, les conditions de paix imposées à la France et les divisions politiques de l’Assemblée. Son gouvernement s’attache à rétablir l’administration et les finances publiques, tout en négociant le départ des troupes allemandes. Le versement de l’indemnité prévue par le traité de Francfort permet l’évacuation progressive du territoire français, achevée en 1873. Cette politique de restauration de l’ordre contribue à stabiliser un pays profondément affaibli.
La répression de la Commune de Paris
Le rôle de Thiers est indissociable de la répression de la Commune de Paris. Après l’insurrection parisienne de mars 1871, le gouvernement s’installe à Versailles et organise la reconquête de la capitale par l’armée. La Semaine sanglante, du 21 au 28 mai 1871, se termine par l’écrasement de la Commune, suivi d’arrestations, de procès et de condamnations. Thiers apparaît donc à la fois comme l’un des artisans du rétablissement de l’autorité gouvernementale et comme le responsable politique d’une répression extrêmement meurtrière, qui a durablement marqué l’histoire sociale et politique française.
Une présidence brève et décisive
Thiers avait commencé sa carrière dans la vie politique de la monarchie de Juillet, auprès de Louis-Philippe, et n’était pas à l’origine un républicain. Dans les années qui suivent la chute du Second Empire, il en vient toutefois à soutenir la République comme solution politique capable de préserver l’ordre et d’éviter une nouvelle crise dynastique. Cette évolution l’éloigne progressivement des monarchistes, majoritaires à l’Assemblée mais divisés sur le choix d’un prétendant et sur la forme d’une éventuelle restauration. Le 24 mai 1873, Thiers démissionne après avoir perdu le soutien de la majorité parlementaire. Il est remplacé par le maréchal de Mac Mahon.
Un héritage contrasté
La présidence de Thiers ne correspond pas encore à une République pleinement consolidée : les grandes lois constitutionnelles qui fixent l’organisation des pouvoirs publics sont votées en 1875, après son départ. Son action a néanmoins contribué à faire survivre le régime républicain dans les années qui suivent la chute de l’Empire et à rétablir l’autorité de l’État après la guerre et la Commune. Son héritage demeure profondément contrasté, car la stabilisation politique obtenue sous son gouvernement reste inséparable de la violence exercée contre les communards.
