Union européenne

Qui fut le premier président de la Commission européenne en 1958 ?

La réponse

Le premier président de la Commission européenne fut Walter Hallstein, un juriste et homme politique allemand. Il a joué un rôle clé dans la mise en place des institutions européennes et dans la définition des premières politiques communes.

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En 1958, Walter Hallstein devient le premier président de la Commission de la Communauté économique européenne (CEE), fonction qui lui vaut d’être considéré comme le premier président de la Commission européenne. Juriste et homme politique allemand, il dirige cette institution pendant près d’une décennie, jusqu’en 1967. Sa présidence correspond aux débuts de la CEE et à la mise en place progressive des mécanismes destinés à rapprocher les économies et les politiques des États membres.

Un juriste engagé dans la construction européenne

Né en 1901 en Allemagne, Walter Hallstein mène d’abord une carrière universitaire dans le domaine du droit. Après la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans la vie publique et devient, en 1951, secrétaire d’État au ministère ouest-allemand des Affaires étrangères. À ce poste, il participe aux négociations européennes qui conduisent à la signature des traités de Rome, le 25 mars 1957. Ces traités fondent la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique, l’Euratom. Hallstein défend alors une organisation européenne reposant sur des institutions communes et sur l’application de règles partagées plutôt que sur de simples accords entre gouvernements.

Une fonction créée par les traités de Rome

Les traités de Rome entrent en vigueur le 1er janvier 1958 et donnent naissance aux nouvelles communautés de la CEE et de l’Euratom. Walter Hallstein est choisi pour présider la Commission de la CEE. Il convient toutefois de distinguer cette institution de la Commission unique qui apparaîtra plus tard. En 1958, la Communauté européenne du charbon et de l’acier, créée en 1951, possède encore sa propre Haute Autorité, tandis que la CEE et l’Euratom disposent chacune d’un exécutif distinct. La fusion de ces exécutifs n’a lieu qu’après l’entrée en vigueur du traité de fusion, en 1967. Hallstein est donc bien le premier président de la Commission européenne au sens historique de la fonction, mais il dirige d’abord la Commission de la CEE.

La défense d’une Europe supranationale

À la tête de la Commission, Hallstein s’efforce d’affirmer le rôle d’une institution chargée de défendre l’intérêt commun européen. Il soutient l’idée que l’intégration doit progresser grâce aux traités, au droit communautaire et à des politiques communes, et non uniquement par des compromis ponctuels entre gouvernements nationaux. Durant sa présidence, la CEE franchit ses premières étapes dans la mise en œuvre de la politique agricole commune et de la politique commerciale commune. La Commission contribue alors à préparer les propositions, à favoriser l’application des décisions communes et à organiser le fonctionnement quotidien de la nouvelle communauté. Cette conception supranationale suscite cependant des réserves chez certains dirigeants, notamment le président français Charles de Gaulle.

La crise de la chaise vide et la fin de son mandat

Les tensions culminent en 1965 avec la crise dite de la chaise vide. La France cesse alors de participer aux réunions du Conseil des ministres de la CEE, dans un désaccord portant notamment sur le financement de la politique agricole commune et sur la place du vote à la majorité dans le fonctionnement communautaire. Le compromis de Luxembourg, conclu en janvier 1966, permet de sortir de cette crise, sans supprimer les divergences sur l’équilibre entre institutions européennes et gouvernements nationaux. Hallstein achève son mandat en 1967, au moment où les exécutifs des trois Communautés européennes sont réunis au sein d’une Commission unique. Il laisse ainsi une empreinte durable sur les premières institutions de la construction européenne.

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