Qui fut le dernier empereur de Chine, dont le règne marqua la fin de la dynastie Qing en 1912 ?
La réponse
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Puyi, dont le nom de règne était Xuantong, fut le dernier empereur de la dynastie Qing et le dernier souverain impérial de la Chine. Monté sur le trône alors qu’il était encore un enfant, il ne disposa jamais d’un véritable pouvoir politique. Son abdication, le 12 février 1912, intervint au terme de la révolution Xinhai et mit fin au régime impérial des Qing, qui dirigeaient la Chine depuis le XVIIe siècle.
Une accession au trône dans une période de crise
Né en 1906, Puyi appartenait au clan impérial mandchou des Aisin Gioro. Il fut choisi pour succéder à l’empereur Guangxu, mort en novembre 1908. L’impératrice douairière Cixi, figure dominante de la cour impériale, mourut peu après. Puyi fut alors intronisé sous le nom de Xuantong. En raison de son très jeune âge, les affaires de l’État étaient exercées par des régents et de hauts responsables de la cour. Cette accession se produisit dans une Chine fragilisée par les défaites militaires, les concessions imposées par les puissances étrangères, les difficultés économiques et la progression des mouvements réformateurs et révolutionnaires. Le jeune empereur incarnait donc la continuité dynastique à un moment où l’autorité des Qing était déjà fortement contestée.
La révolution Xinhai et l’abdication
Le 10 octobre 1911, une insurrection éclata à Wuchang, dans la province du Hubei. Elle déclencha la révolution Xinhai : plusieurs provinces se soulevèrent ou proclamèrent leur rupture avec le gouvernement impérial. Sun Yat-sen devint la principale figure du mouvement républicain et fut nommé président provisoire de la République de Chine, tandis que Yuan Shikai, puissant responsable militaire et politique, négociait avec la cour impériale. La régente Longyu prononça finalement l’abdication de Puyi le 12 février 1912, au nom de l’empereur enfant. Cet acte mit fin au gouvernement impérial des Qing et établit la République de Chine. Puyi conserva toutefois certains privilèges ainsi que son titre dans le cadre des conditions négociées lors de son abdication, sans exercer de pouvoir sur l’État républicain.
Un empereur sans pouvoir après 1912
Après son abdication, Puyi continua de vivre dans la Cité interdite, où la cour impériale maintint pendant un temps ses usages et ses cérémonies. Il ne régnait cependant plus sur la Chine. En 1917, le général Zhang Xun tenta brièvement de restaurer la monarchie et de replacer Puyi sur le trône, mais cette restauration échoua en quelques jours. En 1924, le seigneur de la guerre Feng Yuxiang fit expulser Puyi de la Cité interdite. L’ancien empereur se réfugia alors à Tianjin, dans la concession japonaise, où il entra progressivement en contact avec les représentants de l’Empire du Japon. Cette période marqua son éloignement définitif de la cour Qing et son insertion dans les rivalités politiques qui opposaient les puissances en Chine.
Le Mandchoukouo, une nouvelle fonction impériale
En 1932, le Japon installa Puyi à la tête du Mandchoukouo, un État créé dans le nord-est de la Chine après l’occupation japonaise de la Mandchourie. Puyi en fut d’abord le chef de l’exécutif, puis devint empereur en 1934 sous le nom de règne Kangde. Cette fonction ne correspondait pas à une restauration de la dynastie Qing : le Mandchoukouo était un régime placé sous le contrôle du Japon, et l’autonomie réelle de Puyi y demeurait très limitée. Il conserva cette position jusqu’à la défaite japonaise en 1945. Son rôle au Mandchoukouo explique pourquoi son parcours ne se résume pas à celui d’un souverain déchu : il fut ensuite associé à un régime colonial et collaborationniste, distinct de l’ancien empire Qing.
De l’ancien empereur au simple citoyen
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Puyi fut capturé par les forces soviétiques. Transféré à la République populaire de Chine en 1950, il fut détenu au centre de rééducation de Fushun, où il suivit un long processus de rééducation politique. Il bénéficia d’une amnistie en 1959 et vécut ensuite à Pékin comme un citoyen ordinaire. Il mourut en 1967. Son itinéraire, de l’intronisation d’un enfant au dernier empereur des Qing à la vie d’un citoyen de la Chine populaire, accompagne les bouleversements qui ont fait passer la Chine de l’empire à la république, puis à un nouvel ordre politique.
