Qui fut la première femme à devenir Première ministre en Europe ?
La réponse
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En mai 1979, Margaret Thatcher entra dans l’histoire politique européenne en devenant la première femme à accéder au poste de Première ministre en Europe. Sa victoire au Royaume-Uni constitua une rupture majeure dans un univers politique alors largement masculin. Surnommée la Dame de fer en raison de la fermeté de ses positions, elle ne fut pas seulement la première femme à diriger le gouvernement britannique : elle fut aussi la première femme à prendre la tête du Parti conservateur, l’une des principales formations politiques du pays.
Une ascension politique progressive
Née en 1925 à Grantham, dans le Lincolnshire, Margaret Thatcher était la fille d’un épicier qui exerçait également des responsabilités municipales. Elle étudia la chimie à l’université d’Oxford, puis se forma au droit avant de se consacrer pleinement à la politique. Élue députée de la circonscription de Finchley en 1959, elle gravit progressivement les échelons du Parti conservateur. Après les défaites des conservateurs aux élections générales de 1974, elle se présenta à la direction du parti contre Edward Heath. En 1975, elle remporta cette compétition et devint la première femme à diriger le Parti conservateur britannique.
La première femme à Downing Street
Les conservateurs remportèrent les élections générales de mai 1979, mettant fin au gouvernement travailliste de James Callaghan. Dans le système parlementaire britannique, le Premier ministre n’est pas élu directement par les citoyens : le souverain nomme le chef du parti capable de disposer d’une majorité à la Chambre des communes. Margaret Thatcher fut donc nommée Première ministre par la reine Élisabeth II le 4 mai 1979. Elle conserva cette fonction pendant onze ans, jusqu’à sa démission en novembre 1990. Réélue en 1983 et en 1987, elle demeure le Premier ministre britannique ayant exercé le plus long mandat au XXe siècle.
Le tournant économique du thatchérisme
Son gouvernement entreprit de transformer en profondeur la politique économique du Royaume-Uni. Le thatchérisme associait notamment la maîtrise de l’inflation, la réduction du rôle économique de l’État, les privatisations, la déréglementation de certains secteurs et une réforme de la législation syndicale. Ces choix furent très controversés. La politique monétaire restrictive du début des années 1980 s’accompagna d’une récession et d’une forte progression du chômage, tandis que la reprise économique de la seconde moitié de la décennie ne bénéficia pas de la même manière à toutes les régions ni à toutes les catégories sociales. La grève des mineurs de 1984-1985, menée par le syndicat dirigé par Arthur Scargill, illustra l’ampleur des conflits suscités par cette orientation.
Une figure internationale durable
Margaret Thatcher joua également un rôle important pendant la guerre froide. Elle entretint une relation étroite avec le président américain Ronald Reagan et adopta une position très ferme à l’égard de l’Union soviétique. En 1982, son gouvernement engagea une expédition militaire après l’invasion des îles Falkland, ou Malouines, par l’Argentine ; la victoire britannique renforça alors sa position politique. Sur la construction européenne, Thatcher défendait la coopération entre États, mais rejetait la perspective d’une Europe fédérale et d’un pouvoir supranational accru. Dans son discours de Bruges, en 1988, elle exposa clairement cette conception. Son héritage reste fortement discuté au Royaume-Uni, mais son accession au pouvoir en 1979 demeure un événement fondateur de la représentation des femmes à la tête des gouvernements européens.
