Qui était Winston Churchill pendant la guerre froide ?
La réponse
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Winston Churchill occupe une place particulière dans l’histoire de la guerre froide : il n’en est pas le dirigeant d’une alliance militaire occidentale, mais l’un des hommes d’État qui ont le plus clairement décrit la nouvelle division de l’Europe après 1945. Premier ministre britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1940 à 1945, puis de nouveau de 1951 à 1955, il devient après la guerre une voix majeure de la méfiance occidentale envers l’Union soviétique. Son discours de Fulton, en 1946, contribue surtout à donner une formulation célèbre à cette rupture entre les anciens alliés.
Un Premier ministre entre deux périodes
Churchill dirige le Royaume-Uni pendant la majeure partie de la Seconde Guerre mondiale et incarne alors la résistance britannique à l’Allemagne nazie. Il quitte cependant le pouvoir en 1945, lorsque les élections britanniques portent les travaillistes au gouvernement. Au moment de son discours le plus célèbre sur les relations entre l’Est et l’Ouest, il n’est donc plus Premier ministre : il est le chef de l’opposition conservatrice. Il retrouve Downing Street en 1951 et y reste jusqu’en 1955, dans une période où la confrontation entre les États-Unis et l’URSS s’est installée durablement dans les relations internationales.
Le discours du « rideau de fer »
Le 5 mars 1946, à Fulton, dans l’État du Missouri, Churchill prononce un discours qui reste associé aux débuts de la guerre froide. Il y affirme qu’un « rideau de fer » est descendu à travers l’Europe, séparant les pays de l’Ouest des États placés sous l’influence ou le contrôle soviétique à l’Est. Cette expression résume la division politique, idéologique et stratégique qui se met en place après la Seconde Guerre mondiale. Churchill ne crée pas à lui seul la guerre froide et son discours n’en constitue pas l’unique commencement, mais il contribue fortement à faire comprendre au public occidental la profondeur de la fracture entre les deux camps.
Défendre une alliance occidentale
À Fulton, Churchill appelle également à une coopération étroite entre les démocraties anglophones et, plus largement, entre les pays attachés à la liberté et à la sécurité collective. Il estime que les États-Unis et le Royaume-Uni doivent maintenir une relation suffisamment forte pour faire face aux menaces internationales. Cette vision s’inscrit dans la formation progressive de l’alliance occidentale, qui aboutira notamment à la création de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord en 1949. Il serait toutefois excessif de présenter Churchill comme le seul architecte de cette organisation : son rôle est avant tout celui d’un porte-parole influent et d’un analyste précoce de la confrontation avec Moscou.
Une influence qui se poursuit après Fulton
Redevenu Premier ministre en 1951, Churchill gouverne dans un contexte marqué par la rivalité nucléaire, la consolidation des blocs et la guerre de Corée. Le Royaume-Uni agit alors comme un allié des États-Unis au sein du camp occidental, tandis que l’URSS s’affirme comme la principale puissance adverse. Churchill conserve aussi une influence internationale par ses discours et ses prises de position, même après son départ du gouvernement en 1955. Son importance pendant la guerre froide tient donc moins à la conduite quotidienne de toutes les politiques occidentales qu’à sa capacité à nommer le danger qu’il percevait et à défendre la solidarité des démocraties face à l’URSS.
