Organisations internationales

Qui était Trygve Lie, le premier secrétaire général de l'ONU ?

La réponse

Trygve Lie fut le premier secrétaire général des Nations Unies, en poste de 1946 à 1952. Norvégien d'origine, il a dû gérer les débuts de l'organisation dans un contexte de tensions entre les grandes puissances de l'époque, notamment pendant la guerre de Corée.

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Trygve Lie fut le premier secrétaire général titulaire des Nations Unies. Norvégien et membre du Parti travailliste, il prit ses fonctions le 2 février 1946, quelques mois après l’entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies. Il dirigea l’organisation jusqu’au 10 novembre 1952, dans une période où celle-ci devait encore installer ses institutions et affirmer son rôle au milieu des tensions croissantes entre les États-Unis et l’Union soviétique.

Un responsable politique norvégien

Né le 16 juillet 1896 à Kristiania, l’ancien nom d’Oslo, Trygve Halvdan Lie s’engagea tôt dans la vie politique norvégienne. Il fit carrière au sein du Parti travailliste et occupa plusieurs fonctions ministérielles avant la Seconde Guerre mondiale, notamment celles de ministre de la Justice et de ministre du Commerce. Après l’invasion allemande de la Norvège en 1940, il participa au gouvernement norvégien en exil installé à Londres et exerça des responsabilités dans le domaine des affaires étrangères. Cette expérience internationale le conduisit à diriger la délégation norvégienne à la conférence de San Francisco, qui adopta la Charte des Nations Unies en juin 1945.

Le premier dirigeant d’une organisation nouvelle

L’ONU entra officiellement en existence le 24 octobre 1945, mais ses structures restaient encore à construire lorsque Lie fut choisi par l’Assemblée générale, sur recommandation du Conseil de sécurité, en février 1946. Sa mission ne consistait donc pas seulement à représenter l’organisation : il devait mettre en place le Secrétariat, recruter son personnel et organiser le fonctionnement quotidien d’une institution appelée à traiter des questions de paix, de sécurité et de coopération internationale. La Charte définissait le secrétaire général comme le principal responsable administratif de l’ONU, tout en lui permettant d’attirer l’attention du Conseil de sécurité sur toute situation susceptible de menacer la paix. Dès son premier mandat, cette fonction prit ainsi une dimension à la fois administrative et diplomatique.

La guerre de Corée, une épreuve décisive

La crise la plus marquante de son mandat fut la guerre de Corée. En juin 1950, la Corée du Nord attaqua la Corée du Sud. Le Conseil de sécurité condamna cette attaque, puis recommanda aux États membres d’apporter une assistance militaire à la Corée du Sud. Il recommanda également que les forces engagées soient placées sous un commandement unifié dirigé par les États-Unis. Ces décisions furent possibles parce que le représentant soviétique était alors absent du Conseil de sécurité, qu’il boycottait pour protester contre la représentation de la Chine par le gouvernement nationaliste installé à Taïwan. Trygve Lie soutint l’action décidée par l’ONU, considérant l’agression nord-coréenne comme une violation des principes de la Charte. Cette position lui valut l’hostilité de Moscou, qui l’accusa de favoriser le camp occidental et contesta son impartialité.

Une démission sous pression

Les divisions entre les grandes puissances limitèrent constamment la marge de manœuvre de Trygve Lie. Son soutien à l’intervention de l’ONU en Corée contribua à détériorer davantage ses relations avec l’Union soviétique, au point de rendre très difficile la poursuite de son mandat. Il démissionna le 10 novembre 1952, après avoir dirigé l’organisation pendant ses premières années de fonctionnement. Dag Hammarskjöld lui succéda en 1953. L’héritage de Lie tient surtout à ce rôle de pionnier : il contribua à transformer une organisation nouvellement créée en une administration internationale opérationnelle et participa à la définition concrète des responsabilités politiques du secrétaire général, tout en révélant les limites imposées par les rivalités entre les principales puissances.

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