Qui était Simone Veil, figure majeure des institutions françaises ?
La réponse
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Simone Veil est l’une des grandes figures politiques et institutionnelles françaises de la seconde moitié du XXe siècle. Rescapée de la Shoah, elle a consacré une partie essentielle de sa vie au service de l’État, à la défense des droits des femmes et à la construction européenne. Ministre de la Santé en 1974, elle porte la loi qui dépénalise l’interruption volontaire de grossesse. Elle devient ensuite la première présidente du Parlement européen élue après l’instauration du suffrage universel direct, puis siège au Conseil constitutionnel.
Une enfance brisée par la Shoah
Née Simone Jacob à Nice en 1927, elle grandit dans une famille juive. Arrêtée en 1944 pendant l’Occupation, elle est déportée à Auschwitz-Birkenau, puis transférée à Bergen-Belsen. Elle survit aux camps et revient en France en 1945, tandis qu’une partie de sa famille a été assassinée pendant la Shoah. Après la guerre, elle entreprend des études de droit et étudie à l’Institut d’études politiques de Paris. Elle devient magistrate et rejoint l’administration du ministère de la Justice, où elle travaille notamment sur les conditions de détention et la situation des femmes incarcérées.
La loi sur l’interruption volontaire de grossesse
En 1974, Simone Veil est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Elle défend devant le Parlement un projet de loi visant à dépénaliser l’avortement et à permettre l’interruption volontaire de grossesse dans un cadre légal. Les débats sont particulièrement vifs, mais le texte est adopté puis promulgué le 17 janvier 1975. Cette loi, rapidement connue sous le nom de loi Veil, constitue une réforme majeure du droit français et met fin à une large part de la répression pénale qui frappait jusque-là les femmes ayant recours à l’avortement. Initialement adoptée pour une durée limitée, elle est confirmée et rendue permanente en 1979.
La première présidente du Parlement européen
Après son action gouvernementale, Simone Veil se tourne vers les institutions européennes. Élue députée européenne en 1979 lors des premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct, elle est choisie la même année pour présider cette assemblée. Elle devient ainsi la première femme à exercer cette fonction et la première présidente du Parlement européen élu directement par les citoyens des États membres. Elle reste à sa tête jusqu’en 1982. Son parcours européen prolonge son engagement en faveur de la démocratie, de la coopération entre les nations et de la construction d’une Europe fondée sur la paix.
Une présence durable dans les institutions françaises
En 1998, Simone Veil est nommée membre du Conseil constitutionnel par le président de la République Jacques Chirac. Elle y siège pendant neuf ans, jusqu’en 2007, participant au contrôle de la conformité des lois à la Constitution. Parallèlement, elle joue un rôle important dans la transmission de la mémoire de la Shoah et préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah de 2001 à 2007. Élue à l’Académie française en 2008, elle voit son parcours consacré par l’une des principales institutions culturelles du pays. Morte en 2017, elle demeure associée à la loi sur l’IVG, à la défense des libertés et à une conception exigeante du service de la République.
