Scientifiques célèbres

Qui était Rosalind Franklin et quelle découverte majeure lui est attribuée ?

La réponse

Rosalind Franklin était une chimiste et cristallographe britannique qui a joué un rôle clé dans la découverte de la structure en double hélice de l'ADN. Ses travaux en diffraction des rayons X ont permis de visualiser pour la première fois cette structure, bien que sa contribution ait longtemps été sous-estimée.

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Rosalind Franklin est l’une des figures essentielles de l’histoire de la biologie moléculaire. Chimiste et cristallographe britannique, elle a fourni des données décisives sur la structure de l’ADN grâce à la diffraction des rayons X. Ses recherches ont notamment permis de mettre en évidence l’organisation hélicoïdale de cette molécule, étape fondamentale vers l’identification de sa structure en double hélice. Pourtant, son rôle a longtemps été minimisé dans les récits consacrés à cette découverte.

Une spécialiste de la diffraction des rayons X

Formée à la chimie à l’université de Cambridge, Franklin développe une expertise dans l’étude des structures de la matière. La diffraction des rayons X consiste à analyser la manière dont ces rayons sont diffractés par un échantillon : le motif obtenu ne constitue pas une photographie directe des atomes, mais il permet, grâce à son interprétation, de déduire leur organisation. Avant de travailler sur l’ADN, Franklin mène notamment des recherches sur le charbon et le carbone, qui l’aident à maîtriser cette méthode avec une grande précision. Au début des années 1950, elle rejoint le King’s College de Londres, où elle entreprend d’étudier des fibres d’ADN.

Le rôle décisif du cliché 51

En 1952, une image devenue célèbre sous le nom de « cliché 51 » est obtenue par Raymond Gosling, doctorant travaillant sous la direction de Franklin. Le cliché correspond à une forme hydratée de l’ADN et présente le motif caractéristique d’une structure hélicoïdale. Il fournit des indications importantes sur les dimensions de la molécule, la régularité de son organisation et la répétition de ses éléments. Ces résultats ne suffisent pas, à eux seuls, à constituer le modèle complet de la double hélice, mais ils imposent de fortes contraintes aux hypothèses structurales.

Les observations de Franklin et de Gosling sont publiées en 1953, dans le même numéro de la revue Nature que l’article de James Watson et Francis Crick présentant leur modèle de la double hélice. Des informations issues des travaux de Franklin, notamment le cliché 51, ont été communiquées à Watson et Crick par l’intermédiaire de Maurice Wilkins. Ces éléments ont joué un rôle important dans la construction de leur modèle, même si Franklin n’a pas été associée à cette présentation de la découverte à la mesure de sa contribution réelle.

Une reconnaissance longtemps incomplète

La situation de Franklin au King’s College ne se résume pas à une collaboration harmonieuse avec Maurice Wilkins : ils appartenaient à des groupes de recherche distincts et leurs relations professionnelles furent difficiles. Cette nuance est importante, car les récits ultérieurs ont parfois présenté Franklin comme une simple assistante ou comme une chercheuse opposée au modèle de la double hélice, ce qui ne correspond pas à la complexité de ses travaux. Ses données et ses analyses ont contribué de manière substantielle à la compréhension de l’ADN. En 1962, le prix Nobel de physiologie ou de médecine fut attribué à Watson, Crick et Wilkins ; Franklin, morte en 1958, n’en fut pas lauréate. Sa contribution a été davantage reconnue par les historiens des sciences et par la communauté scientifique au fil du temps.

Des recherches également consacrées aux virus

L’œuvre de Franklin ne s’est pas limitée à l’ADN. Après son passage au King’s College, elle poursuit ses recherches au Birkbeck College de Londres, où elle applique la diffraction des rayons X à l’étude de virus, notamment le virus de la mosaïque du tabac. Ces travaux prolongent son intérêt pour les structures biologiques complexes et témoignent de la diversité de ses compétences expérimentales. Rosalind Franklin meurt en 1958, à l’âge de 37 ans, d’un cancer de l’ovaire. Son héritage scientifique repose donc à la fois sur ses recherches consacrées à l’ADN et sur ses contributions à la virologie structurale.

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