Qui était Ramsès II, surnommé Ramsès le Grand ?
La réponse
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Ramsès II, qui régna de 1279 à 1213 av. J.-C., est l’un des pharaons les plus célèbres de l’Égypte antique. Fils de Séthi Ier, il appartient à la XIXe dynastie et monte sur le trône à une époque où le Nouvel Empire est une grande puissance politique et militaire. Son règne, qui dura plus de six décennies, fut marqué par des campagnes en Afrique et au Proche-Orient, par une intense activité diplomatique et par l’édification de monuments destinés à inscrire durablement son nom dans le paysage égyptien. C’est cette combinaison entre puissance, longévité et mise en scène royale qui lui a valu le surnom de Ramsès le Grand.
Un pharaon engagé dans les conflits du Proche-Orient
La politique de Ramsès II s’inscrit dans la rivalité qui opposait l’Égypte au royaume hittite pour le contrôle de la Syrie et des territoires du Levant. L’épisode militaire le plus célèbre de son règne est la bataille de Qadesh, livrée contre les Hittites au cours du XIIIe siècle av. J.-C. Les inscriptions et les reliefs égyptiens racontent que Ramsès, séparé du gros de son armée, aurait remporté une victoire spectaculaire grâce à son courage et à l’intervention du dieu Amon. Ce récit doit toutefois être compris comme une présentation officielle destinée à glorifier le souverain. La bataille n’a pas conduit à une conquête égyptienne durable de Qadesh et son issue semble avoir été beaucoup moins décisive que ne le prétendent les monuments de Ramsès. Après plusieurs années de tensions, l’Égypte et le royaume hittite conclurent vers 1258 av. J.-C. un traité de paix sous Ramsès II et le roi hittite Hattusili III. Cet accord prévoyait notamment la renonciation aux hostilités et une coopération entre les deux puissances ; il constitue l’un des plus anciens traités de paix connus.
Des monuments au service du pouvoir royal
Ramsès II a laissé des traces dans de nombreux sites d’Égypte et de Nubie. Le complexe d’Abou Simbel, construit dans le sud de la Nubie et taillé dans la roche, est le symbole le plus éclatant de son programme monumental. Le grand temple est précédé de quatre colosses assis représentant le pharaon. À l’intérieur, les décors associent la personne royale aux grandes divinités égyptiennes et rappellent notamment la victoire proclamée à Qadesh. Le temple voisin, plus petit, est consacré à la déesse Hathor et à la reine Néfertari, l’une des principales épouses de Ramsès. Abou Simbel avait donc une fonction religieuse, mais aussi politique : ses dimensions et son emplacement manifestaient la présence et l’autorité de l’Égypte aux confins méridionaux de son territoire. Ramsès fit également agrandir ou décorer des édifices à Karnak et à Louxor, tandis que son temple funéraire, le Ramesseum, fut édifié sur la rive occidentale de Thèbes. Ces constructions ne servaient pas seulement à embellir le royaume : elles affirmaient la nature sacrée du pouvoir pharaonique et la place centrale de Ramsès dans l’ordre du monde.
Une famille royale nombreuse
Comme plusieurs souverains du Nouvel Empire, Ramsès II eut une famille très étendue. Ses épouses les plus connues sont la grande épouse royale Néfertari et Isis-Néfert, mais le roi eut également d’autres compagnes. Les sources lui attribuent un très grand nombre d’enfants, généralement évalué à plus d’une centaine, même si le décompte exact reste difficile à établir. Cette descendance abondante renforçait la visibilité de la dynastie et fournissait au roi de nombreux héritiers potentiels. Parmi ses fils, Khâemouaset occupe une place particulière : grand prêtre du dieu Ptah à Memphis, il est aussi connu pour avoir fait restaurer et commémorer des monuments plus anciens. Le successeur de Ramsès, Mérenptah, fut lui aussi son fils. La durée exceptionnelle du règne explique que plusieurs princes aînés soient morts avant leur père, avant que la succession ne revienne finalement à Mérenptah.
Une renommée construite pour durer
La célébrité de Ramsès II ne repose pas uniquement sur ses réalisations militaires ou architecturales. Son administration a multiplié les textes, les statues et les reliefs qui présentaient le souverain comme un roi victorieux, aimé des dieux et garant de la stabilité du pays. La bataille de Qadesh, en particulier, fut représentée à plusieurs reprises afin de conserver la mémoire de la bravoure royale, même si son résultat historique fut plus nuancé. À sa mort en 1213 av. J.-C., Ramsès laissait derrière lui l’un des plus longs règnes de l’histoire égyptienne et un ensemble monumental exceptionnel. Ses temples, ses colosses et ses inscriptions ont assuré la transmission de son image bien au-delà de l’Antiquité. Ramsès II est ainsi devenu le modèle du pharaon conquérant et bâtisseur, une figure emblématique de la grandeur de l’Égypte antique.
