Qui était Olympe de Gouges ?
La réponse
En savoir plus
Olympe de Gouges est le nom sous lequel Marie Gouze, née à Montauban en 1748, s’est fait connaître comme écrivaine et femme engagée dans la vie politique. À la veille puis pendant la Révolution française, elle prend la parole sur des sujets que les institutions réservent largement aux hommes : les droits civiques, l’organisation du pouvoir, l’esclavage, la condition des femmes et la peine de mort. Son texte le plus célèbre, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, publiée en 1791, fait d’elle l’une des premières grandes figures du féminisme politique en France.
Une femme de lettres engagée
Olympe de Gouges se fait d’abord connaître par ses écrits littéraires, notamment ses pièces de théâtre et ses textes d’intervention. Dans L’Esclavage des Noirs, elle met en cause le système colonial et l’asservissement des populations noires. Cette œuvre témoigne de son intérêt pour les formes d’oppression qui touchent les groupes privés de droits. Après le début de la Révolution, elle multiplie les brochures, les affiches et les textes politiques afin de défendre une conception plus égalitaire de la société. Son engagement ne se limite donc pas à la situation des femmes : elle critique également les injustices sociales et la violence politique.
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
En 1791, Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en réponse à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen adoptée en 1789. Elle en reprend la forme et le vocabulaire pour montrer que l’universalité proclamée par la Révolution demeure incomplète tant que les femmes sont exclues de la citoyenneté politique. Dès l’article premier, elle affirme : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. » Le texte revendique pour les femmes l’égalité devant la loi, la participation à la formation des lois, l’accès aux fonctions publiques et une place pleine et entière dans la vie civique. Olympe de Gouges y aborde aussi la propriété, l’impôt, le mariage et la reconnaissance des responsabilités des pères envers leurs enfants. Sa formule la plus célèbre résume cette exigence d’égalité : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune. »
Un engagement politique qui dérange
Olympe de Gouges n’est pas seulement poursuivie pour ses idées féministes. Elle intervient directement dans les affrontements politiques de la Révolution et critique la radicalisation du pouvoir révolutionnaire. Elle s’oppose notamment à la peine de mort, qu’elle considère contraire à une véritable justice, et exprime des réserves à l’égard de la violence exercée au nom du salut public. En 1793, son affiche intitulée Les Trois Urnes propose de consulter les citoyens afin de choisir entre plusieurs formes de gouvernement, notamment la monarchie, la république et le fédéralisme. Dans le contexte de la crise politique et de la lutte entre factions révolutionnaires, cette initiative est considérée comme illégale. Ses prises de position contre les Montagnards et ses critiques de Robespierre contribuent également à la rendre particulièrement vulnérable.
La condamnation et la postérité
Arrêtée en juillet 1793, Olympe de Gouges est traduite devant le Tribunal révolutionnaire. Elle est guillotinée le 3 novembre 1793, à l’âge de quarante-cinq ans. Sa condamnation s’inscrit dans la répression des opposants politiques pendant la Terreur et ne peut être expliquée par son seul combat en faveur des femmes : ses écrits politiques, son opposition à la peine de mort et sa contestation du gouvernement révolutionnaire jouent aussi un rôle dans son destin. Redécouverte et réévaluée par les historiennes et les mouvements féministes, elle est aujourd’hui connue à la fois pour sa Déclaration de 1791 et pour avoir défendu, dans l’espace public, une conception exigeante de l’égalité entre les sexes.
