Qui était le tueur du Zodiaque ?
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Le tueur du Zodiaque est le pseudonyme d’un criminel jamais identifié, actif en Californie à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Il est devenu célèbre autant pour les attaques attribuées à son auteur que pour les lettres provocatrices et les messages chiffrés adressés à plusieurs journaux. Malgré des décennies d’enquête, aucune personne n’a été officiellement reconnue comme le Zodiaque : son identité demeure l’un des grands mystères de la criminalistique américaine.
Les attaques de 1968 et 1969
Les crimes généralement attribués au Zodiaque commencent le 20 décembre 1968, près de Lake Herman Road, dans le comté de Solano. David Faraday et Betty Lou Jensen, deux adolescents qui se trouvaient dans une voiture, furent tués par balle. Le 4 juillet 1969, à Blue Rock Springs, près de Vallejo, Darlene Ferrin fut mortellement blessée par balle et Michael Mageau survécut à l’attaque. Le 27 septembre suivant, au bord du lac Berryessa, Cecelia Shepard fut tuée à coups de couteau tandis que Bryan Hartnell, également agressé, survécut. Enfin, le 11 octobre 1969, le chauffeur de taxi Paul Stine fut abattu dans le quartier de Presidio Heights, à San Francisco. Ces quatre attaques constituent le noyau des crimes retenus par les enquêteurs, même si le Zodiaque s’attribua ensuite d’autres meurtres sans que ces revendications aient toutes été établies.
Le personnage construit par les lettres
Le nom « Zodiaque » apparaît dans une lettre reçue par la presse en 1969, après les premières attaques. L’auteur y revendiquait des crimes et exigeait la publication de ses messages, qu’il signait d’un symbole ressemblant à un viseur ou à une croix dans un cercle. Certaines lettres contenaient des cryptogrammes destinés à révéler ses motivations ou son identité. Le chiffre de 408 caractères fut résolu en 1969 par Donald et Bettye Harden, sans révéler le nom du meurtrier. Le cryptogramme Z340, beaucoup plus long, ne fut déchiffré qu’en 2020 par une équipe de passionnés et de spécialistes. Son contenu ne permettait toujours pas d’identifier son auteur. D’autres messages attribués au Zodiaque n’ont jamais été déchiffrés de manière certaine, ce qui a renforcé la dimension énigmatique de l’affaire.
Une identité jamais démontrée
Les enquêteurs ont étudié de nombreux suspects au fil des années, mais aucun n’a pu être relié de façon concluante à l’ensemble des crimes et des lettres. Arthur Leigh Allen est le suspect le plus souvent cité dans les ouvrages et les documentaires consacrés à l’affaire. Il a notamment fait l’objet de perquisitions et de soupçons importants, mais les éléments connus publiquement n’ont jamais permis de démontrer qu’il était le Zodiaque. D’autres personnes ont été proposées, parfois en raison de ressemblances, de témoignages ou d’interprétations de documents, sans qu’une preuve décisive ne vienne confirmer ces hypothèses. Le lien parfois évoqué avec le meurtre de Cheri Jo Bates, tuée en 1966 à Riverside, n’a pas davantage été établi comme un fait certain.
Un mystère entretenu par la culture populaire
L’affaire a durablement marqué l’imaginaire collectif parce que le criminel semblait chercher la publicité autant qu’il cherchait à échapper aux autorités. Ses lettres ont transformé une série de crimes locaux en phénomène national et ont nourri une multitude de théories sur sa profession, ses compétences ou ses motivations. Des livres, des documentaires et le film Zodiac, réalisé par David Fincher en 2007, ont popularisé certaines pistes, notamment celles développées par l’auteur Robert Graysmith. Ces œuvres ont contribué à la notoriété du dossier, mais elles ne constituent pas une identification officielle. À ce jour, le tueur du Zodiaque reste donc un tueur en série non identifié, dont les crimes revendiqués, les codes partiellement résolus et les communications incomplètement élucidées continuent d’alimenter le mystère.
