Qui était le premier président des États-Unis ?
La réponse
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George Washington fut le premier président des États-Unis, élu en 1789 par le collège électoral à l’unanimité. Il prêta serment le 30 avril 1789 à New York, alors capitale provisoire du pays, et inaugura une fonction créée par la Constitution de 1787. Son importance tient donc autant à son rôle de premier titulaire de la présidence qu’à l’autorité acquise auparavant pendant la guerre d’Indépendance. Dans une république encore fragile, Washington contribua à donner une légitimité au nouveau gouvernement fédéral et à définir les premières pratiques de la vie politique américaine.
Du commandement militaire à la fondation politique
Avant son accession à la présidence, Washington s’était imposé comme le principal chef militaire de la révolution américaine. En juin 1775, le Second Congrès continental le nomma commandant en chef de l’Armée continentale. Il dirigea cette armée pendant la guerre d’Indépendance, malgré de graves difficultés matérielles et plusieurs défaites, notamment autour de New York en 1776. Avec le soutien essentiel des forces françaises, il contribua à la victoire de Yorktown en 1781, qui mit fin aux principaux combats, tandis que l’indépendance américaine fut reconnue par le traité de Paris de 1783. Après la guerre, il rendit son commandement aux autorités civiles, un geste qui renforça encore sa réputation de chef attaché au principe d’un pouvoir politique supérieur à l’autorité militaire.
Le premier président d’un nouveau régime
Washington joua également un rôle important dans la mise en place du cadre constitutionnel. En 1787, il présida la Convention réunie à Philadelphie pour rédiger la Constitution des États-Unis. Lorsque le gouvernement fédéral entra en fonction en 1789, il n’existait aucun précédent national permettant de guider le président dans ses décisions quotidiennes. Washington dut donc contribuer à préciser les usages de la fonction : manière de s’adresser au président, organisation des réunions avec ses conseillers, relations avec le Congrès et exercice des pouvoirs exécutifs. Il choisit notamment Thomas Jefferson comme secrétaire d’État, Alexander Hamilton comme secrétaire au Trésor, Henry Knox comme secrétaire à la Guerre et Edmund Randolph comme attorney general. Ces responsables formèrent le premier cercle dirigeant de l’exécutif fédéral.
La construction des institutions fédérales
Durant ses deux mandats, de 1789 à 1797, Washington accompagna la création des principales institutions du nouvel État. Le Congrès adopta le Judiciary Act de 1789, qui organisa le système judiciaire fédéral, tandis que les dix premiers amendements à la Constitution, connus sous le nom de Bill of Rights, furent ratifiés en 1791. Washington signa également la loi qui autorisa la première Banque des États-Unis, ainsi que les mesures relatives à la dette issue de la guerre d’Indépendance. Ces décisions ne furent pas prises par le président seul : elles résultèrent de débats au Congrès et de propositions défendues par différents responsables, en particulier Hamilton. Toutefois, la manière dont Washington les valida contribua à installer durablement l’autorité du gouvernement fédéral.
Une présidence au-dessus des partis ?
Washington souhaitait préserver l’unité du pays et éviter que la présidence ne devienne l’instrument d’un groupe partisan. Pourtant, les désaccords entre les partisans du programme financier de Hamilton et ses adversaires, parmi lesquels Jefferson, favorisèrent la formation des partis fédéraliste et républicain-démocrate. Washington s’efforça de se présenter comme un arbitre national, même si certaines de ses décisions étaient associées aux positions fédéralistes. En 1793, il proclama la neutralité des États-Unis dans la guerre opposant la France révolutionnaire à plusieurs monarchies européennes. En 1794, son gouvernement mobilisa une force fédérale contre la Whiskey Rebellion, une révolte liée à une taxe sur les spiritueux. Cet épisode montra que le nouveau gouvernement disposait désormais des moyens de faire appliquer ses lois sur l’ensemble du territoire.
Un modèle présidentiel durable
Washington refusa de briguer un troisième mandat et quitta ses fonctions en mars 1797, laissant la présidence à John Adams. La Constitution ne limitait alors pas le nombre de mandats ; sa décision créa donc un précédent politique qui fut largement respecté jusqu’à l’élection de Franklin D. Roosevelt pour un troisième mandat en 1940. Dans son Farewell Address, publié en 1796, Washington mit en garde contre les divisions partisanes et les alliances permanentes avec des puissances étrangères. Ce texte n’instaura pas une doctrine juridique obligatoire, mais il exerça une influence durable sur la réflexion politique américaine. Son héritage reste toutefois marqué par une contradiction majeure : il était lui-même propriétaire d’esclaves. La figure du premier président américain doit ainsi être comprise à la fois comme celle d’un fondateur des institutions fédérales et comme celle d’un homme inscrit dans les limites sociales de son époque.
