Qui était le premier président de la Cinquième République française ?
La réponse
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Charles de Gaulle fut le premier président de la Cinquième République française. Son accession à la fonction s’inscrit dans la crise profonde de la Quatrième République, confrontée à une forte instabilité gouvernementale et à la guerre d’Algérie. Appelé au pouvoir en 1958, il participa à la mise en place de nouvelles institutions qui renforcèrent considérablement l’autorité de l’exécutif et structurèrent durablement la vie politique française.
La naissance de la Cinquième République
En mai 1958, la crise algérienne provoqua un bouleversement politique majeur. Charles de Gaulle fut nommé président du Conseil le 1er juin et chargé de former un gouvernement. Une nouvelle Constitution, préparée sous son autorité notamment par Michel Debré, fut approuvée par référendum puis promulguée le 4 octobre 1958. Elle fonda la Cinquième République et accorda au président de la République des pouvoirs plus importants que ceux dont il disposait sous le régime précédent. De Gaulle fut ensuite élu président le 21 décembre 1958 par un collège électoral, selon les modalités prévues par la nouvelle Constitution, et prit ses fonctions le 8 janvier 1959.
Un premier mandat marqué par la guerre d’Algérie
Le début de la présidence de Charles de Gaulle fut dominé par la question algérienne. Après avoir d’abord affirmé que la France devait préserver ses intérêts en Algérie, il évolua progressivement vers une solution politique permettant l’autodétermination. Les accords d’Évian, conclus en mars 1962, mirent fin à la guerre d’Algérie et ouvrirent la voie à l’indépendance du pays. Cette décision provoqua une opposition violente de la part de défenseurs de l’Algérie française, mais elle constitua un tournant essentiel de la présidence de Gaulle et de l’histoire de la décolonisation française.
Le renforcement de la fonction présidentielle
Charles de Gaulle entendait faire du président l’un des principaux détenteurs de l’autorité politique, au-dessus des partis et en relation directe avec la nation. En 1962, il soumit à référendum la réforme prévoyant l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Le texte fut adopté malgré l’opposition d’une large partie du Parlement. Cette réforme ne s’appliqua pas immédiatement à son élection suivante, mais elle transforma durablement l’équilibre des institutions et renforça la légitimité populaire de la fonction présidentielle.
La réélection et la fin de la présidence
De Gaulle fut réélu en 1965, lors de la première élection présidentielle au suffrage universel direct de la Cinquième République. Son second mandat fut marqué par la poursuite d’une politique d’indépendance nationale, par la modernisation économique et par des tensions sociales croissantes, qui culminèrent avec la crise de Mai 1968. En avril 1969, il proposa par référendum une réforme portant notamment sur la régionalisation et le Sénat. Après la victoire du « non », il quitta ses fonctions et démissionna le 28 avril 1969. Son départ ne mit pas fin aux institutions qu’il avait contribué à instaurer : la Cinquième République demeure le cadre constitutionnel de la France.
