Qui était le premier empereur de la Chine unifiée ?
La réponse
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Qin Shi Huang est le nom sous lequel Ying Zheng est entré dans l’histoire comme le premier empereur de la Chine unifiée. Roi de Qin avant son accession impériale, il acheva en 221 av. J.-C. la conquête des principaux États rivaux de la période des Royaumes combattants. Il adopta alors le titre de Qin Shi Huangdi, généralement traduit par « Premier Empereur », et régna jusqu’à sa mort en 210 av. J.-C. Son règne fut bref, mais il transforma profondément l’organisation politique du monde chinois.
La conquête des États rivaux
À la fin de la période des Royaumes combattants, plusieurs États se disputaient la domination de la Chine : Qin, Han, Zhao, Wei, Chu, Yan et Qi comptaient parmi les plus puissants. Le royaume de Qin, établi à l’ouest, disposait d’une administration efficace et d’une armée capable de mener des campagnes successives. Ying Zheng monta sur le trône de Qin en 246 av. J.-C. et poursuivit la politique d’expansion de son royaume. Après la prise des territoires de ses adversaires, la défaite de Qi en 221 av. J.-C. mit fin à cette longue série de guerres. Ying Zheng ne se contenta pas de devenir le souverain d’un royaume plus vaste : il créa une nouvelle dignité impériale destinée à marquer la supériorité de son pouvoir sur les anciens rois.
Un empire administré depuis le centre
Qin Shi Huang réorganisa les territoires conquis afin d’empêcher le retour des pouvoirs féodaux. Les domaines héréditaires des anciennes familles dirigeantes furent remplacés par des circonscriptions administrées par des fonctionnaires dépendant de l’autorité centrale. Le gouvernement s’inspirait largement des principes associés au légisme, qui accordaient une place essentielle à la loi, à la discipline et aux sanctions. Le pouvoir Qin entreprit également d’uniformiser l’écriture, les poids et mesures ainsi que certains éléments de la monnaie et des normes administratives. Ces mesures facilitèrent la transmission des ordres et la gestion d’un territoire immense. Elles contribuèrent aussi à établir un modèle de centralisation que la dynastie Han, fondée après la chute des Qin, reprit en grande partie.
La première grande phase de la Grande Muraille
Qin Shi Huang est souvent associé à la Grande Muraille, mais l’ouvrage visible aujourd’hui n’est pas une construction réalisée en une seule période. Plusieurs États avaient déjà élevé des fortifications au nord avant l’unification. Le gouvernement Qin ordonna de relier, de renforcer et de prolonger certaines de ces lignes défensives afin de protéger les régions septentrionales de l’empire. Cette entreprise inaugura une importante phase de construction de la Grande Muraille, même si la plupart des tronçons actuellement visités datent de périodes postérieures, notamment de la dynastie Ming. Le règne de Qin Shi Huang fut aussi marqué par de grands travaux routiers, hydrauliques et palatiaux, réalisés au prix d’une forte mobilisation de la population et de nombreux travailleurs soumis aux obligations de l’État.
Le mausolée et l’armée de terre cuite
Le premier empereur fit construire un vaste complexe funéraire près de l’actuelle Xi’an. Les fouilles entreprises après la découverte, en 1974, de fosses contenant l’armée de terre cuite ont révélé des milliers de statues de soldats, de chevaux et de chars associés à ce mausolée. Ces figures avaient pour fonction de former une armée destinée à accompagner symboliquement l’empereur dans l’au-delà. Le tombeau principal n’a pas été entièrement fouillé, et l’armée de terre cuite ne constitue qu’une partie du complexe funéraire. Les sources anciennes rapportent également que Qin Shi Huang s’intéressait à la recherche de moyens de prolonger sa vie, une préoccupation fréquente dans les récits consacrés à son règne.
Un règne bref, une influence durable
Qin Shi Huang mourut en 210 av. J.-C., après seulement vingt-neuf années comme empereur. Son fils Qin Er Shi lui succéda, mais le pouvoir Qin fut rapidement fragilisé par les révoltes, les rivalités politiques et le mécontentement suscité par la fiscalité et les travaux imposés. La dynastie Qin s’effondra quelques années plus tard, tandis que Liu Bang fonda la dynastie Han. La disparition rapide de l’empire Qin ne fit cependant pas disparaître les innovations politiques de son fondateur : l’idée d’un vaste territoire gouverné par une administration centrale et placé sous l’autorité d’un empereur resta au cœur de l’histoire impériale chinoise. Qin Shi Huang demeure ainsi une figure controversée, à la fois bâtisseur de l’unification et symbole d’un pouvoir particulièrement autoritaire.
