Qui était le dirigeant de l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale ?
La réponse
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Adolf Hitler a dirigé l’Allemagne pendant toute la Seconde Guerre mondiale. Chef du Parti national-socialiste des travailleurs allemands, le NSDAP, il est nommé chancelier le 30 janvier 1933, avant de transformer rapidement la République de Weimar en dictature totalitaire. À partir de 1934, après la mort du président Paul von Hindenburg, il cumule les fonctions de chef du gouvernement et de chef de l’État sous le titre de Führer. Son régime mène une politique de réarmement, d’expansion territoriale et de persécution raciale qui conduit à la guerre en Europe, puis à un conflit mondial.
Une ascension politique rapide
Hitler rejoint le Parti ouvrier allemand en 1919, organisation qui devient ensuite le NSDAP, et s’impose bientôt comme son principal orateur. Son discours associe nationalisme radical, antisémitisme, anticommunisme et rejet du traité de Versailles. En novembre 1923, il tente de prendre le pouvoir à Munich lors d’un putsch, qui échoue. Condamné à la prison, il profite de cette période pour rédiger Mein Kampf et préciser les grandes lignes de son idéologie. Après sa libération, il réorganise le parti et privilégie la conquête du pouvoir par les moyens politiques, tout en conservant ses structures militantes et sa propagande. La crise économique, le chômage et l’instabilité de la République de Weimar favorisent ensuite la progression électorale du NSDAP. Hitler n’est pas élu directement chancelier : il est nommé à ce poste par le président Hindenburg dans un contexte de crise politique.
La destruction de la démocratie
Une fois chancelier, Hitler s’emploie à supprimer les libertés publiques et les contre-pouvoirs. Après l’incendie du Reichstag, le décret du 28 février 1933 suspend plusieurs droits fondamentaux et facilite l’arrestation des opposants politiques. La loi des pleins pouvoirs, adoptée en mars 1933, permet au gouvernement de légiférer sans le Parlement et accélère la mise au pas des institutions. Les partis politiques, les syndicats indépendants et la presse libre sont progressivement éliminés, tandis que les premiers camps de concentration servent notamment à détenir les opposants. En 1934, la Nuit des Longs Couteaux élimine une partie de la direction des SA ainsi que d’autres adversaires du régime. La propagande dirigée par Joseph Goebbels présente Hitler comme l’incarnation de la nation et renforce le culte du Führer. Le régime nazi devient ainsi un État à parti unique, fondé sur la répression, l’embrigadement et l’obéissance au chef.
Une politique d’expansion
La politique étrangère de Hitler vise à réviser l’ordre européen issu de la Première Guerre mondiale et à agrandir le territoire allemand. Le régime quitte la Société des Nations en 1933, rétablit le service militaire et développe massivement ses forces armées, en violation des dispositions du traité de Versailles. L’armée allemande remilitarise la Rhénanie en 1936, puis l’Allemagne annexe l’Autriche en mars 1938 lors de l’Anschluss. La même année, les accords de Munich autorisent l’annexion des Sudètes, région de la Tchécoslovaquie peuplée en partie de germanophones. En mars 1939, Hitler fait occuper les territoires tchèques restants, rompant les engagements pris à Munich. Le 1er septembre 1939, l’armée allemande envahit la Pologne. La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne deux jours plus tard : cette invasion marque le début de la Seconde Guerre mondiale en Europe. L’extension du conflit à l’Union soviétique, à la Méditerranée et au Pacifique lui donne ensuite une dimension mondiale.
Guerre d’anéantissement et génocide
Sous la direction de Hitler, la guerre nazie ne se limite pas à des affrontements entre armées. À l’est, l’invasion de l’Union soviétique lancée en juin 1941 s’accompagne d’une guerre d’anéantissement contre l’État soviétique et contre les populations considérées comme ennemies ou racialement inférieures. Les Einsatzgruppen, unités mobiles liées aux forces allemandes, massacrent notamment des Juifs, des responsables soviétiques et d’autres civils. La persécution des Juifs, déjà inscrite dans les lois de Nuremberg de 1935, devient alors une politique d’extermination à l’échelle européenne. La conférence de Wannsee, en janvier 1942, ne décide pas à elle seule de la Solution finale, déjà engagée, mais coordonne la mise en œuvre administrative de la déportation et du meurtre des Juifs d’Europe. Des centres de mise à mort, dont Auschwitz-Birkenau, deviennent des instruments majeurs de ce génocide.
La fin du dirigeant nazi
Après les défaites allemandes sur les fronts soviétique et occidental, Hitler continue de diriger le Reich depuis son quartier général, puis depuis le bunker de Berlin. Il refuse largement les retraites militaires et exige de ses commandants qu’ils poursuivent la lutte malgré l’effondrement progressif de l’armée allemande. Alors que les troupes soviétiques encerclent Berlin, Adolf Hitler se suicide le 30 avril 1945. L’Allemagne capitule quelques jours plus tard, en mai 1945. Son rôle dans la guerre et dans les crimes du régime nazi est central : il a concentré le pouvoir politique, imposé l’idéologie nazie et dirigé un État responsable de l’agression militaire, de persécutions massives et du génocide des Juifs d’Europe.
