Cinéma

Qui était la première femme à remporter un Oscar du meilleur réalisateur ?

La réponse

Chloé Zhao est la première femme à remporter l'Oscar du meilleur réalisateur en 2021 pour son film Nomadland. Cette victoire historique a marqué un tournant dans la reconnaissance des réalisatrices dans l'industrie cinématographique.

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En 2021, Chloé Zhao est devenue la première femme à remporter l’Oscar du meilleur réalisateur, pour son film Nomadland. Cette récompense a consacré une cinéaste dont le travail s’était déjà distingué par son attention aux communautés marginalisées, aux territoires ruraux et aux existences éloignées des représentations habituelles du cinéma hollywoodien. La victoire de Zhao a également donné une portée particulière à Nomadland, une œuvre tournée vers des personnages fragilisés par les transformations économiques et sociales des États-Unis.

Le succès de Nomadland

Sorti en 2020, Nomadland est adapté du livre de la journaliste Jessica Bruder, Nomadland: Surviving America in the Twenty-First Century. Le film suit Fern, une femme interprétée par Frances McDormand, qui prend la route après la disparition de son emploi et de la ville industrielle où elle vivait. Elle rejoint une population de travailleurs et de retraités nomades vivant dans des véhicules aménagés et se déplaçant au gré des emplois saisonniers. Chloé Zhao mêle à cette intrigue de fiction la présence de personnes qui connaissent directement ce mode de vie, comme Linda May, Swankie et Bob Wells. Cette combinaison entre interprétation professionnelle et expériences vécues donne au film une tonalité proche du documentaire, sans renoncer à la construction romanesque ni à la poésie des paysages de l’Ouest américain.

Une réalisatrice formée entre plusieurs cultures

Née à Pékin, Chloé Zhao a poursuivi une partie de sa formation aux États-Unis. Elle a étudié les sciences politiques au Mount Holyoke College avant de rejoindre la Tisch School of the Arts de l’université de New York, où elle s’est formée au cinéma. Son premier long-métrage, Songs My Brothers Taught Me, sorti en 2015, a été tourné dans la réserve de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud. Le film s’intéresse à une fratrie lakota et aux tensions qui traversent sa communauté. En 2017, The Rider a confirmé son approche singulière. Inspiré par l’histoire de Brady Jandreau, un jeune cavalier de rodéo victime d’un grave accident, le film explore la reconstruction d’un homme contraint de renoncer à sa passion. Ces deux œuvres ont établi la réputation de Zhao comme cinéaste attentive aux lieux, aux gestes quotidiens et aux personnes qui jouent parfois une version proche de leur propre existence.

Une réalisation fondée sur le réel

Le travail de Chloé Zhao se caractérise par une mise en scène dépouillée et par une grande place accordée aux espaces naturels. Dans Nomadland, les routes, les campements et les paysages ne servent pas uniquement de décor : ils accompagnent les déplacements de Fern et rendent sensibles son isolement comme son désir d’indépendance. Zhao privilégie les échanges simples, les silences et les situations ordinaires plutôt que les effets spectaculaires. Cette méthode permet de faire émerger une dimension sociale sans transformer ses personnages en simples illustrations d’un problème économique. Le film observe ainsi la précarité, le deuil et la solidarité tout en laissant subsister l’ambivalence de la vie nomade, à la fois choisie et imposée.

Une consécration suivie d’un changement d’échelle

La victoire de 2021 a placé Chloé Zhao au centre de l’attention internationale et a renforcé la visibilité des réalisatrices dans une industrie où leur accès aux productions les plus importantes demeure un enjeu majeur. Nomadland a également remporté l’Oscar du meilleur film, tandis que Frances McDormand a reçu celui de la meilleure actrice. Zhao a ensuite changé d’échelle avec Les Éternels, film de super-héros produit par Marvel Studios et sorti en 2021. Ce passage d’un cinéma indépendant, tourné avec des interprètes issus des communautés représentées, à une production à grand spectacle illustre l’amplitude de son parcours. Sa filmographie relie ainsi des récits intimes ancrés dans le réel à des univers cinématographiques beaucoup plus vastes, sans que son intérêt pour les trajectoires individuelles disparaisse.

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