Qui était Konrad Lorenz et quel domaine scientifique a-t-il fondé ?
La réponse
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Konrad Lorenz est un zoologiste autrichien considéré comme l’un des principaux fondateurs de l’éthologie, la science du comportement animal. Né en 1903 et mort en 1989, il a renouvelé l’étude des animaux en accordant une place centrale à l’observation de leurs comportements dans leur environnement. Ses recherches ont notamment porté sur les comportements sociaux, les mécanismes de communication et la part respective de l’inné et de l’acquis. Son nom reste surtout associé à l’étude de l’empreinte, un phénomène observé chez de nombreux jeunes animaux peu après leur naissance ou leur éclosion.
La naissance de l’éthologie
Avant le développement de l’éthologie, le comportement animal était souvent étudié soit à partir d’expériences de laboratoire, soit au moyen d’interprétations générales sur les facultés des animaux. Lorenz a contribué à imposer une démarche fondée sur l’observation précise des espèces dans les situations où leurs comportements se produisent réellement. En étudiant notamment les oiseaux, il a décrit des séquences comportementales régulières liées à la défense, à la reproduction, à la vie sociale ou à la recherche de nourriture. Avec d’autres chercheurs, en particulier Nikolaas Tinbergen, il a montré que certains comportements ne résultent pas uniquement de l’apprentissage : ils reposent aussi sur des dispositions biologiques innées. Cette approche n’oppose toutefois pas systématiquement l’inné et l’acquis, car l’expérience et l’environnement peuvent également modifier la manière dont un comportement se manifeste.
L’expérience des oisons
La découverte la plus célèbre associée à Lorenz est celle de l’empreinte. Chez des oiseaux nidifuges comme les oies et les canards, les petits doivent pouvoir suivre rapidement un adulte après l’éclosion. Lorenz a observé que des oisons exposés à sa présence durant une période sensible pouvaient le suivre au lieu de suivre leur mère. Ils ne l’avaient pas choisi après un long apprentissage : leur tendance à suivre un premier être mobile apparaissait très tôt, tandis que l’objet précis de cette réaction était déterminé par leur expérience initiale. Ce phénomène a été appelé empreinte, ou imprégnation. Il peut produire un attachement durable et montre comment une prédisposition innée et une expérience très précoce interagissent. L’exemple des oisons a ainsi fourni un modèle important pour comprendre la formation des comportements sociaux chez les animaux.
Une influence durable sur la biologie
Les travaux de Lorenz ont contribué à faire du comportement animal un objet d’étude scientifique à part entière. Ils ont eu une influence sur la zoologie, la biologie de l’évolution et la psychologie, notamment dans les recherches consacrées au développement, aux relations entre individus et aux comportements sociaux. En 1973, Lorenz a reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine avec Nikolaas Tinbergen et Karl von Frisch, pour leurs découvertes concernant l’organisation et la mise en œuvre des comportements individuels et sociaux. L’éthologie contemporaine a depuis élargi ses méthodes, en associant l’observation de terrain à l’expérimentation, à l’étude de l’évolution et aux recherches sur le cerveau. Lorenz demeure néanmoins une figure fondatrice : son œuvre a établi que l’on ne peut comprendre un animal sans étudier à la fois ses dispositions biologiques, son développement et le milieu dans lequel il vit.
