Qui était Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans ?
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Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, incarne l'une des figures les plus fascinantes et controversées de l'histoire de France. Née en 1412 à Domrémy, un petit village des Vosges, elle grandit dans un contexte marqué par la guerre de Cent Ans, un conflit opposant la France à l'Angleterre depuis plus d'un demi-siècle. Son destin bascule en 1428, lorsqu'elle affirme recevoir des visions et des voix divines – notamment celles de sainte Catherine, sainte Marguerite et l'archange saint Michel – lui ordonnant de libérer la France de l'occupation anglaise et de faire sacrer le dauphin Charles à Reims.
Une mission divine dans un royaume divisé
À l'époque, le royaume de France est profondément affaibli. Le traité de Troyes (1420) a déshérité le dauphin Charles au profit d'Henri V d'Angleterre, et une grande partie du territoire est sous contrôle anglais ou bourguignon. C'est dans ce climat de désolation que Jeanne, une jeune paysanne analphabète, se présente aux autorités locales puis à la cour de Charles VII à Chinon en mars 1429. Malgré les doutes, elle parvient à convaincre le futur roi de sa légitimité divine, obtenant finalement une armée pour secourir Orléans, alors assiégée depuis octobre 1428.
La libération d'Orléans et le sacre de Charles VII
L'intervention de Jeanne d'Arc en avril 1429 marque un tournant décisif. Vêtue d'une armure et brandissant une bannière blanche ornée du nom de Jésus, elle redonne espoir aux troupes françaises. En seulement neuf jours, elle contribue à briser le siège d'Orléans, une victoire symbolique qui relance la résistance française. Par la suite, elle mène Charles VII à Reims, où il est sacré roi le 17 juillet 1429, légitimant ainsi son pouvoir face aux prétentions anglaises. Ces événements, bien que partiellement attribuables à des facteurs militaires et politiques, renforcent le mythe de Jeanne comme instrument de la Providence.
Un procès politique et une fin tragique
Capturée par les Bourguignons à Compiègne en mai 1430, Jeanne est vendue aux Anglais pour la somme de 10 000 livres. Son procès, ouvert en janvier 1431 à Rouen sous l'autorité de l'évêque Pierre Cauchon, est avant tout un procès politique. Les juges, majoritairement favorables aux Anglais, cherchent à discréditer Charles VII en présentant Jeanne comme une hérétique et une sorcière. Malgré sa résistance et son intelligence lors des interrogatoires, elle est condamnée pour hérésie et brûlée vive le 30 mai 1431, à l'âge de 19 ans. Ses cendres sont dispersées dans la Seine pour éviter toute vénération.
De l'oubli à la canonisation : une mémoire réinventée
Pendant des siècles, Jeanne d'Arc tombe dans l'oubli, excepté dans les régions où son souvenir reste vivace. Ce n'est qu'au XIXe siècle, sous l'impulsion du romantisme et du nationalisme, que son image est réhabilitée. En 1841, l'écrivain Jules Michelet en fait une héroïne nationale dans son Histoire de France, tandis que Napoléon III érige une statue en son honneur à Orléans en 1855. Le processus de canonisation, lancé en 1869, aboutit finalement en 1920, lorsque l'Église catholique la déclare sainte. Aujourd'hui, elle est célébrée comme la patronne secondaire de la France, symbole à la fois de foi, de patriotisme et de résistance.