Personnages historiques

Qui était Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans ?

La réponse

Jeanne d'Arc est une héroïne française du XVe siècle, devenue une figure emblématique de la guerre de Cent Ans. À seulement 17 ans, elle a convaincu le dauphin Charles de lui confier une armée pour libérer Orléans assiégée par les Anglais en 1429. Capturée puis jugée pour hérésie, elle a été brûlée vive à Rouen en 1431. Canonisée en 1920, elle est aujourd'hui la sainte patronne secondaire de la France.

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Jeanne d’Arc, appelée de son vivant « la Pucelle », est une héroïne française du XVe siècle devenue l’une des figures emblématiques de la guerre de Cent Ans. Née vers 1412 à Domrémy, dans le duché de Bar, elle est issue d’une famille paysanne. À 17 ans, elle affirme être guidée par des voix et des visions religieuses. Elle parvient à rencontrer le dauphin Charles, futur Charles VII, puis obtient son soutien pour rejoindre l’armée française et secourir Orléans, assiégée par les Anglais. Son action militaire et son rôle dans le sacre du dauphin à Reims contribuent à renforcer la légitimité du camp français, avant sa capture, son procès et sa mort à Rouen.

Un royaume divisé par la guerre

Lorsque Jeanne entre dans l’histoire, le royaume de France est affaibli par la guerre de Cent Ans et par la guerre civile qui oppose les partisans du dauphin, souvent appelés Armagnacs, aux Bourguignons alliés aux Anglais. Le traité de Troyes, signé en 1420, écarte le dauphin Charles de la succession au trône de France au profit du roi d’Angleterre Henri V et de ses héritiers. Après la mort d’Henri V et de Charles VI en 1422, le jeune Henri VI est reconnu par les Anglais comme roi de France et d’Angleterre, tandis que Charles revendique la couronne française. Une grande partie du nord du royaume se trouve alors sous contrôle anglais ou bourguignon. Orléans, ville stratégique située sur la Loire, est assiégée depuis octobre 1428. Sa chute ouvrirait aux Anglais une voie importante vers le sud du royaume.

Des voix à la cour de Charles

Jeanne explique que des voix célestes, associées notamment à saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite, lui ont demandé de soutenir le dauphin et de contribuer à la délivrance du royaume. Au début de l’année 1429, elle se rend à Vaucouleurs et demande au capitaine Robert de Baudricourt de l’aider à rejoindre Charles. Après plusieurs refus, elle obtient une escorte et gagne Chinon, où elle rencontre le dauphin à la fin de février ou au début de mars. Elle est ensuite examinée par des ecclésiastiques à Poitiers, qui ne la condamnent pas. Charles lui permet alors d’accompagner l’armée envoyée vers Orléans. Jeanne ne commande pas seule l’ensemble des opérations, mais sa présence, ses exhortations et son rôle auprès des combattants donnent un nouvel élan au camp français. Elle porte une armure et une bannière à caractère religieux, devenue l’un des symboles de son épopée.

Orléans et le sacre de Reims

Jeanne arrive devant Orléans le 29 avril 1429. Les troupes françaises attaquent plusieurs positions anglaises autour de la ville et, après plusieurs jours de combats, le siège est levé le 8 mai. Cette victoire résulte de l’action de plusieurs chefs et soldats, mais Jeanne y acquiert une réputation considérable. Les succès français se poursuivent dans la vallée de la Loire, notamment à Jargeau, à Meung-sur-Loire, à Beaugency et à Patay. La route vers Reims étant rouverte, Jeanne insiste pour que Charles s’y rende afin d’y recevoir le sacre traditionnel des rois de France. La cérémonie a lieu le 17 juillet 1429 dans la cathédrale de Reims. Charles devient officiellement Charles VII, et le sacre consolide sa position face aux prétentions anglaises. Jeanne participe ensuite à des opérations moins victorieuses, notamment devant Paris, et son influence politique et militaire diminue progressivement.

Capture, procès et exécution

Le 23 mai 1430, lors de la défense de Compiègne, Jeanne est capturée par des combattants bourguignons. Elle est ensuite vendue aux Anglais pour 10 000 livres. Son procès s’ouvre à Rouen en janvier 1431 devant un tribunal ecclésiastique présidé par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, avec le soutien du pouvoir anglais. Les accusations portent notamment sur ses voix, son habillement masculin et son refus de se soumettre à certaines injonctions de ses juges. Le procès est religieux par sa forme, mais il se déroule dans un contexte politique très marqué, car condamner Jeanne permettrait de discréditer le roi qu’elle avait conduit à Reims. Après une première abjuration, elle est déclarée relapse, c’est-à-dire retombée dans l’hérésie selon le tribunal. Elle est brûlée vive à Rouen, sur la place du Vieux-Marché, le 30 mai 1431, à l’âge de 19 ans. Ses restes sont ensuite dispersés dans la Seine afin d’empêcher la constitution de reliques.

Une mémoire transformée au fil des siècles

Jeanne d’Arc n’est pas totalement oubliée après sa mort. À la demande de Charles VII, un nouveau procès est engagé quelques années plus tard ; achevé en 1456, il annule la condamnation de 1431 et la réhabilite officiellement. Sa mémoire prend toutefois une importance nouvelle au XIXe siècle, lorsque les historiens, les écrivains et les courants patriotiques en font une héroïne nationale. L’Église catholique la béatifie en 1909, puis la canonise en 1920 sous le pontificat de Benoît XV. Jeanne d’Arc est aujourd’hui considérée comme une sainte et comme la patronne secondaire de la France. Son image associe ainsi plusieurs dimensions : la foi religieuse, la défense du royaume de France, le courage militaire et la capacité d’une jeune femme à s’imposer dans un univers politique et guerrier dominé par les hommes.

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