Qui était Jeanne d'Arc ?
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Jeanne d’Arc est l’une des figures les plus célèbres de l’histoire de France. Née en 1412 à Domrémy, elle grandit dans une famille paysanne alors que le royaume est profondément affaibli par la guerre de Cent Ans et les rivalités entre les partisans du roi de France, les Anglais et leurs alliés bourguignons. À dix-sept ans, elle parvient à rejoindre le dauphin Charles, futur Charles VII, et affirme avoir reçu une mission divine : libérer Orléans, chasser les Anglais et conduire le prince à Reims pour son sacre. En quelques mois, son intervention transforme son destin personnel en événement majeur de l’histoire du royaume.
Une mission fondée sur la foi
Selon ses propres déclarations, Jeanne commence à entendre des voix et à recevoir des messages religieux dès son adolescence. Elle les attribue notamment à l’archange Michel ainsi qu’aux saintes Catherine et Marguerite. Ces révélations lui auraient demandé de soutenir le dauphin Charles et de contribuer à la délivrance de la France. Les sources qui rapportent ces déclarations proviennent surtout des procès de 1431 et de 1455-1456 ; elles permettent de connaître ses paroles, mais ne permettent pas de trancher la nature de ses expériences. Pour Jeanne, cette mission est inséparable de sa foi. Elle se présente donc moins comme une souveraine ou une dirigeante politique que comme une envoyée chargée d’accomplir une tâche précise. Sa conviction et son assurance contribuent toutefois à lui donner une influence exceptionnelle auprès du dauphin et des soldats.
Orléans et le sacre de Charles VII
Jeanne rejoint les forces françaises qui cherchent à secourir Orléans, assiégée par les Anglais depuis 1428. Elle arrive près de la ville à la fin d’avril 1429. Sa présence renforce le moral des défenseurs et s’inscrit dans une série d’opérations militaires menées avec plusieurs chefs français. Les positions anglaises sont progressivement reprises, et le siège est levé le 8 mai 1429. Cette victoire ne repose pas sur l’action d’une seule personne, mais Jeanne en devient rapidement le symbole. Elle participe ensuite à la campagne de la Loire, qui comprend notamment la victoire française de Patay. Son objectif politique et religieux se réalise en juillet 1429 : elle accompagne Charles VII à Reims, où il est sacré roi. Ce sacre renforce la légitimité du souverain dans un contexte où son autorité est contestée.
La capture et le procès de Rouen
L’année suivante, la situation militaire devient moins favorable aux Français. Le 23 mai 1430, Jeanne est capturée à Compiègne lors d’un affrontement avec les forces bourguignonnes. Elle est ensuite livrée aux Anglais, qui la font comparaître devant un tribunal ecclésiastique à Rouen. Le procès, ouvert en janvier 1431 sous la direction de l’évêque Pierre Cauchon, porte sur des accusations d’hérésie et de désobéissance religieuse. Les juges examinent notamment ses voix, ses affirmations religieuses et le port de vêtements masculins, que ses adversaires présentent comme une transgression. Le procès possède aussi une dimension politique : condamner Jeanne revient à tenter de discréditer la mission qui avait contribué à renforcer la position de Charles VII. Elle est finalement condamnée pour hérésie et exécutée le 30 mai 1431 sur la place du Vieux-Marché, à Rouen, où elle est brûlée vive. Elle a alors dix-neuf ans.
Une mémoire réhabilitée puis canonisée
Après sa mort, la condamnation de Jeanne reste longtemps associée à la lutte entre les camps français et anglais. En 1455-1456, une nouvelle procédure, autorisée par l’Église, réexamine le procès de Rouen. Le jugement initial est déclaré nul et Jeanne est réhabilitée. Sa mémoire connaît ensuite plusieurs interprétations au fil des siècles : elle est présentée comme une croyante, une combattante, une martyre ou une figure de l’unité nationale. Ces usages successifs expliquent en partie la diversité des représentations de son personnage. En 1920, l’Église catholique la canonise. Jeanne d’Arc devient alors officiellement sainte Jeanne d’Arc, tout en demeurant une héroïne nationale française, principalement associée à la libération d’Orléans, au sacre de Charles VII et à son sacrifice lors de la guerre de Cent Ans.
