Chefs d'État célèbres

Qui était Indira Gandhi ?

La réponse

Indira Gandhi était la première femme Première ministre de l'Inde, au pouvoir de 1966 à 1977 puis de 1980 à 1984. Elle a marqué l'histoire de l'Inde par des réformes économiques et sociales, mais son mandat a aussi été controversé.

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Indira Gandhi fut la première femme à exercer la fonction de Première ministre de l’Inde. Fille de Jawaharlal Nehru, figure majeure de l’indépendance et premier chef de gouvernement indien, elle dirigea le pays de 1966 à 1977, puis de 1980 à 1984. Son long parcours politique est associé à la modernisation de l’Inde, à l’affirmation de sa puissance sur la scène internationale, mais aussi à une forte concentration du pouvoir et à l’une des plus graves crises démocratiques de l’histoire du pays.

Une héritière de la lutte pour l’indépendance

Née en 1917 à Allahabad, Indira Gandhi grandit dans une famille au cœur du mouvement indépendantiste indien. Son père, Jawaharlal Nehru, fut un proche collaborateur du Mahatma Gandhi avant de devenir le premier Premier ministre de l’Inde indépendante en 1947. Cette proximité avec les milieux nationalistes familiarisa très tôt Indira avec la vie publique, même si son ascension politique ne fut pas immédiate. Après la mort de Nehru en 1964, elle entra au gouvernement de Lal Bahadur Shastri comme ministre de l’Information et de la Radiodiffusion. À la mort de Shastri, en janvier 1966, elle fut choisie pour diriger le gouvernement par le groupe parlementaire du Parti du Congrès. Elle devint ainsi la première femme Première ministre de l’Inde.

Modernisation et affirmation de la puissance indienne

Durant son premier passage au pouvoir, Indira Gandhi s’attacha à renforcer le rôle de l’État dans l’économie. Son gouvernement nationalisa notamment de grandes banques en 1969 et défendit une politique présentée sous le slogan « Garibi Hatao », c’est-à-dire « éradiquer la pauvreté ». Son action s’inscrivit aussi dans le contexte de la Révolution verte : l’essor de nouvelles méthodes agricoles et de variétés à haut rendement contribua à accroître la production alimentaire de l’Inde, même si ses bénéfices furent inégalement répartis selon les régions et les catégories sociales. Sur le plan international, son gouvernement joua un rôle important lors de la guerre de 1971, qui aboutit à la création du Bangladesh. En 1974, l’Inde procéda également à son premier essai nucléaire, renforçant son statut de puissance régionale.

L’état d’urgence et la défaite de 1977

La période la plus controversée de son premier mandat commence le 25 juin 1975, lorsqu’Indira Gandhi proclame l’état d’urgence. Les autorités invoquent une situation de troubles intérieurs, mais cette décision intervient alors que son pouvoir est fragilisé par des contestations politiques et judiciaires. Les libertés publiques sont fortement restreintes : la presse est soumise à la censure, des opposants sont emprisonnés et le fonctionnement démocratique est profondément limité. Des campagnes coercitives, notamment en matière de stérilisation, sont également menées durant cette période. L’état d’urgence prend fin en mars 1977. Les élections générales organisées cette année-là se soldent par la défaite d’Indira Gandhi et du Parti du Congrès au profit de la coalition Janata. Après l’éclatement de cette coalition, elle revient au pouvoir en 1980.

Le conflit au Pendjab et une fin tragique

Son second mandat est marqué par la montée de la violence au Pendjab et par le développement d’un mouvement séparatiste sikh. En juin 1984, l’armée indienne lance l’opération Blue Star pour déloger des militants armés retranchés dans l’Harmandir Sahib, souvent appelé le Temple d’Or, à Amritsar, le principal lieu saint du sikhisme. L’intervention provoque de lourdes pertes humaines et choque profondément la communauté sikhe. Le 31 octobre 1984, Indira Gandhi est assassinée à New Delhi par deux de ses gardes du corps sikhs, qui agissent en représailles à l’opération. Sa mort est suivie de violences meurtrières contre les sikhs, notamment dans la capitale, faisant plusieurs milliers de victimes selon les estimations généralement retenues. Son fils Rajiv Gandhi lui succède comme Premier ministre.

Une figure toujours disputée

Indira Gandhi demeure une personnalité centrale de l’histoire contemporaine de l’Inde. Ses partisans soulignent son rôle dans l’affirmation de l’indépendance stratégique du pays, dans le développement agricole et dans le renforcement de l’État. Ses détracteurs rappellent au contraire que la centralisation du pouvoir, l’état d’urgence et les atteintes aux libertés ont gravement mis à l’épreuve les institutions démocratiques indiennes. Son héritage ne se réduit donc ni à celui d’une dirigeante modernisatrice ni à celui d’une gouvernante autoritaire : il associe des transformations durables à des décisions qui ont laissé de profondes fractures politiques et sociales.

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