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Qui était Hayreddin Pacha, et pour quelles réformes est-il surtout connu ?

La réponse

Hayreddin Pacha, ou Khayr al-Din al-Tunisi, était un homme d’État tunisien d’origine circassienne et un réformateur du XIXe siècle. Il fut Premier ministre de Tunisie puis brièvement grand vizir ottoman, et est surtout connu pour ses réformes administratives, financières et éducatives, plutôt que pour l’introduction de nouvelles pièces en argent et en or.

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Hayreddin Pacha, également connu sous le nom de Khayr al-Din al-Tunisi, est l’une des grandes figures réformatrices du XIXe siècle en Afrique du Nord et dans l’Empire ottoman. D’origine circassienne, il fit carrière dans la régence de Tunis avant d’en devenir le Premier ministre, puis d’occuper brièvement la fonction de grand vizir ottoman en 1878. Son importance historique ne tient pas principalement à la création de pièces de monnaie, mais à un projet plus vaste de modernisation de l’État, de ses finances et de son système éducatif.

Une carrière entre Tunis et Istanbul

Arrivé jeune en Tunisie, Hayreddin Pacha s’intégra progressivement aux structures militaires et administratives de la régence. Il acquit une expérience directe du fonctionnement du pouvoir et des difficultés auxquelles étaient confrontés les États musulmans soumis à la pression économique et politique des puissances européennes. Devenu Premier ministre de Tunisie en 1873, il entreprit de rationaliser l’administration et de restaurer les finances publiques. Après son départ du gouvernement tunisien, il fut appelé à Istanbul et nommé grand vizir de l’Empire ottoman en 1878. Cette dernière fonction ne fut toutefois exercée que brièvement, dans un contexte de fortes tensions politiques et financières.

Réformer l’administration et les finances

L’action de Hayreddin Pacha reposait sur l’idée qu’un État devait disposer d’une administration compétente, de ressources financières mieux contrôlées et d’institutions capables de limiter l’arbitraire. En Tunisie, il chercha notamment à améliorer la gestion des recettes et des dépenses publiques, à renforcer la surveillance de l’administration et à combattre les pratiques qui affaiblissaient le trésor. Il souhaitait également que les décisions publiques servent davantage l’intérêt général que les intérêts particuliers des détenteurs du pouvoir. Ses projets se heurtèrent cependant aux rivalités de cour, aux résistances des groupes privilégiés et à la dépendance croissante de la Tunisie envers les créanciers étrangers.

L’éducation et l’ouverture aux modèles étrangers

Hayreddin Pacha considérait l’éducation comme un instrument essentiel de la réforme. Il défendait le développement d’un enseignement moderne capable de former des administrateurs et des cadres connaissant les sciences, le droit et les techniques de gouvernement. Cette orientation ne signifiait pas, à ses yeux, un abandon de la tradition islamique : il estimait qu’il était possible d’emprunter aux pays européens les institutions et les méthodes utiles tout en les adaptant aux réalités des sociétés musulmanes. Ses idées sont particulièrement exposées dans son ouvrage Aqwam al-Masalik fi Ma‘rifat Ahwal al-Mamalik, publié en 1867, dans lequel il compare les systèmes politiques et administratifs de différents pays et propose une voie de modernisation.

Une réputation qui ne repose pas sur la monnaie

L’attribution à Hayreddin Pacha d’une réforme monétaire centrale ou de l’introduction de nouvelles pièces d’or et d’argent est donc trompeuse. La réorganisation importante de la monnaie ottomane engagée en 1844 est antérieure à son accession aux principales responsabilités gouvernementales et ne constitue pas l’œuvre qui définit sa carrière. Son héritage se situe surtout dans la réforme administrative, la recherche d’une gestion financière plus rigoureuse et la promotion de l’instruction. Il appartient ainsi au courant des réformateurs du XIXe siècle qui cherchaient à renforcer l’État par des institutions plus efficaces, plutôt qu’à un épisode particulier de l’histoire des monnaies ottomanes.

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