Civilisation égyptienne

Qui était Hatshepsout et pourquoi est-elle célèbre dans l’histoire égyptienne ?

La réponse

Hatshepsout était une pharaonne égyptienne de la XVIIIe dynastie, l’une des rares femmes à avoir régné sur l’Égypte ancienne en tant que pharaon. Elle est célèbre pour avoir consolidé le pouvoir égyptien par des expéditions commerciales, notamment celle vers le pays de Pount, et pour avoir construit le temple de Deir el-Bahari à Thèbes.

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Hatshepsout est l’une des souveraines les plus remarquables de l’Égypte ancienne. Membre de la XVIIIe dynastie, elle a exercé le pouvoir en tant que pharaon à une époque où la fonction royale était généralement occupée par un homme. Son règne est particulièrement célèbre pour la consolidation de l’autorité égyptienne, pour le développement des échanges commerciaux et pour les monuments qu’elle fit édifier, notamment son temple funéraire de Deir el-Bahari, à Thèbes.

Une accession exceptionnelle au trône

Fille du pharaon Thoutmôsis Ier, Hatshepsout épousa son demi-frère Thoutmôsis II, conformément aux pratiques dynastiques qui visaient à préserver la légitimité de la famille royale. À la mort de celui-ci, son beau-fils Thoutmôsis III, encore enfant, devint le souverain officiel. Hatshepsout exerça d’abord la régence, avant d’assumer elle-même le titre et les fonctions de pharaon. Elle ne se contenta donc pas de gouverner au nom d’un roi mineur : elle adopta les titulatures et les représentations traditionnelles du souverain égyptien. Dans les reliefs et les statues, elle pouvait être figurée avec les attributs royaux habituellement masculins, notamment le némès et la barbe postiche. Cette mise en scène ne signifie pas qu’elle ignorait sa condition de femme ; elle répondait aux conventions visuelles et religieuses qui associaient le pharaon à une fonction royale plutôt qu’à un simple rôle biologique.

Le commerce et l’expédition vers Pount

L’une des réalisations les plus connues de son règne est l’expédition envoyée vers le pays de Pount. La localisation exacte de cette région demeure discutée, mais elle se trouvait vraisemblablement dans une zone située au sud de l’Égypte, en relation avec les rivages de la mer Rouge et de l’Afrique orientale. Les scènes gravées dans le temple de Deir el-Bahari montrent l’arrivée des navires, les échanges avec les habitants de Pount et le retour des Égyptiens chargés de produits recherchés. L’expédition rapporta notamment des aromates et de l’encens, ainsi que d’autres marchandises précieuses. Ces reliefs constituent une source majeure sur les relations commerciales et diplomatiques de l’Égypte du Nouvel Empire. Ils présentent également le voyage comme une entreprise approuvée par les dieux et comme une preuve de la capacité de la souveraine à assurer la prospérité et le prestige du royaume.

Le temple de Deir el-Bahari

Hatshepsout est aussi célèbre pour son temple funéraire de Deir el-Bahari, édifié sur la rive occidentale de Thèbes, dans l’actuelle région de Louxor. Connu sous le nom de Djeser-Djeseru, souvent traduit par « le Saint des Saints », le monument s’élève en terrasses successives au pied des falaises. Sa conception est traditionnellement associée à Sénènmout, haut fonctionnaire et architecte proche de la reine, même si la réalisation d’un tel complexe mobilisa nécessairement de nombreux artisans et responsables. Le temple reprend certains éléments de traditions architecturales plus anciennes, tout en proposant une composition monumentale particulièrement originale. Ses reliefs évoquent l’expédition vers Pount, la naissance divine de la souveraine et sa relation avec Amon, divinité majeure de Thèbes. Le monument servait à entretenir le culte funéraire de Hatshepsout et à inscrire son règne dans la continuité de la monarchie égyptienne.

Une image royale soigneusement construite

Pour affermir sa légitimité, Hatshepsout fit présenter son accession comme conforme à la volonté divine et à l’ordre dynastique. Les inscriptions de son temple racontent notamment qu’Amon l’aurait désignée pour régner et que sa naissance aurait été liée à l’intervention du dieu. Ces récits appartiennent au langage officiel de la royauté égyptienne : ils ne constituent pas un récit biographique au sens moderne, mais une manière de justifier le pouvoir du souverain. Hatshepsout apparaît ainsi sous plusieurs formes dans les œuvres de son époque, parfois avec une apparence féminine et parfois avec les attributs conventionnels du pharaon. Cette combinaison lui permit d’affirmer une autorité exceptionnelle tout en respectant les codes religieux et politiques de l’institution royale.

Une mémoire longtemps mal comprise

Après la mort de Hatshepsout, Thoutmôsis III régna seul. Certaines de ses représentations, inscriptions et statues furent ensuite retirées, martelées ou remplacées, surtout dans des monuments liés à son règne. Les raisons exactes de ces interventions restent discutées par les spécialistes et ne permettent pas de conclure simplement à une vengeance personnelle. Elles ont cependant contribué à faire disparaître pendant longtemps le souvenir de la souveraine. La redécouverte et l’étude de ses monuments, notamment de Deir el-Bahari, ont rétabli son importance historique. Hatshepsout est aujourd’hui reconnue comme l’une des rares femmes à avoir régné sur l’Égypte ancienne en tant que pharaon, mais aussi comme une souveraine qui sut utiliser le commerce, la religion, l’architecture et les symboles royaux pour consolider son pouvoir.

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