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Qui était Harriet Tubman, figure majeure de l'abolitionnisme aux États-Unis ?

La réponse

Harriet Tubman était une ancienne esclave qui est devenue l'une des principales figures de la lutte contre l'esclavage aux États-Unis au XIXe siècle. Elle a risqué sa vie en organisant et en guidant des dizaines d'esclaves vers la liberté via le réseau clandestin du Chemin de fer clandestin. Son courage et son engagement lui ont valu le surnom de Moïse noire.

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Harriet Tubman est devenue l’une des figures les plus marquantes de la lutte contre l’esclavage aux États-Unis. Née vers 1822 dans le Maryland, alors que des millions d’Afro-Américains sont réduits en esclavage, elle connaît directement la violence de ce système avant de s’en évader. Elle aurait pu rester libre dans le Nord, mais elle choisit de retourner clandestinement dans les États esclavagistes pour aider d’autres personnes à fuir. Son courage, son sens de l’organisation et sa détermination lui valent le surnom de « Moïse noire », en référence au personnage biblique qui conduit les Hébreux hors de l’esclavage.

Une enfance sous l’esclavage

Née Araminta Ross, souvent appelée Minty durant sa jeunesse, Harriet Tubman grandit dans le comté de Dorchester, sur la côte orientale du Maryland. Sa famille est séparée à plusieurs reprises, comme beaucoup de familles réduites en esclavage, et elle est employée très jeune à différents travaux domestiques et agricoles. Alors qu’elle est encore adolescente, une lourde blessure à la tête infligée par un surveillant lui laisse des séquelles neurologiques durables. Ces violences ne mettent pas fin à sa résistance. En 1849, après la mort de son esclavagiste Edward Brodess et alors qu’elle craint d’être vendue, elle s’enfuit vers la Pennsylvanie. Elle atteint Philadelphie, où l’esclavage est aboli, mais sa liberté reste menacée par les lois fédérales.

Le Chemin de fer clandestin

Harriet Tubman devient ensuite conductrice du Chemin de fer clandestin, un ensemble informel de routes, de refuges et de réseaux d’entraide qui permettent aux esclaves fugitifs de gagner les États libres ou le Canada. Il ne s’agit pas d’une organisation centralisée, mais d’une coopération entre des Afro-Américains libres, des abolitionnistes et d’autres personnes prêtes à prendre des risques pour aider les fugitifs. L’adoption du Fugitive Slave Act de 1850 rend cette activité encore plus dangereuse en renforçant la possibilité de poursuivre et de renvoyer les esclaves en fuite, y compris dans les États libres.

Tubman retourne à plusieurs reprises dans le Maryland au cours des années 1850. Elle guide des membres de sa famille ainsi que d’autres esclaves vers la liberté, au péril de sa propre vie. Elle voyage principalement de nuit, s’appuie sur des itinéraires sûrs et adapte ses déplacements pour échapper aux patrouilles. Les récits ultérieurs ont parfois donné des chiffres différents sur le nombre exact de ses expéditions et des personnes qu’elle a accompagnées ; il est établi qu’elle a conduit des dizaines de personnes hors de l’esclavage. Cette activité fait d’elle l’une des principales figures du réseau clandestin et de l’abolitionnisme américain.

Une espionne et une éclaireuse pendant la guerre

Lorsque la guerre de Sécession éclate en 1861, Harriet Tubman met son expérience du terrain et ses réseaux au service de l’Union. Elle travaille comme infirmière, cuisinière et lingère, mais aussi comme éclaireuse et informatrice. Sa connaissance des régions du Sud et ses contacts avec les populations locales permettent aux forces de l’Union d’obtenir des renseignements importants. En juin 1863, elle participe à la préparation et au guidage du raid de Combahee River, en Caroline du Sud. Menée par les troupes de l’Union, cette opération libère plus de sept cents personnes réduites en esclavage. Tubman joue ainsi un rôle militaire exceptionnel pour une femme noire à cette époque, même si le raid est organisé dans le cadre du commandement de l’armée de l’Union.

Un engagement poursuivi après la guerre

Après l’abolition de l’esclavage, Harriet Tubman ne cesse pas de défendre les droits des Afro-Américains. Installée à Auburn, dans l’État de New York, elle soutient des personnes autrefois réduites en esclavage et s’engage également en faveur du droit de vote des femmes. Elle participe à des réunions et à des campagnes suffragistes, aux côtés de militantes qui cherchent à faire reconnaître la citoyenneté politique des femmes. Elle meurt en 1913, après avoir consacré une grande partie de sa vie à la liberté, à l’entraide et à la justice. Son surnom de « Moïse noire » résume la place singulière qu’elle occupe dans la mémoire américaine : celle d’une ancienne esclave devenue guide, militante et symbole durable de la résistance à l’oppression.

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