Explorateurs célèbres

Qui était Ferdinand Magellan ?

La réponse

Ferdinand Magellan était un navigateur portugais au service de l’Espagne, célèbre pour avoir organisé l’expédition qui réalisa la première circumnavigation du globe entre 1519 et 1522. Tué aux Philippines en cours de route, il ne l’acheva pas lui-même ; l’expédition, menée à son terme par Juan Sebastián Elcano, démontra la possibilité de faire le tour du monde et ouvrit une nouvelle route maritime vers l’Asie.

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Ferdinand Magellan occupe une place singulière dans l’histoire des grandes explorations. Navigateur portugais passé au service de la couronne espagnole, il organisa l’expédition partie en 1519 pour atteindre l’Asie en naviguant vers l’ouest. Cette entreprise conduisit les navires européens à traverser l’océan Pacifique et à accomplir la première circumnavigation du globe entre 1519 et 1522. Magellan ne vit toutefois pas l’achèvement de son projet : il fut tué aux Philippines en 1521, et le retour fut finalement dirigé par Juan Sebastián Elcano.

Du Portugal à l’Espagne

Né au Portugal vers 1480, Fernão de Magalhães, appelé Ferdinand Magellan en français, acquit son expérience dans le cadre des expéditions portugaises. Il navigua notamment dans l’océan Indien et se familiarisa avec les routes maritimes et les rivalités commerciales qui opposaient les puissances ibériques. Après avoir quitté le service du Portugal, il proposa à la monarchie espagnole un projet consistant à rejoindre les îles aux épices par une route occidentale. Le roi Charles Ier d’Espagne, qui allait devenir l’empereur Charles Quint, accepta de soutenir cette entreprise. Le projet s’inscrivait dans la compétition entre l’Espagne et le Portugal pour l’accès à l’Asie, compétition encadrée par le traité de Tordesillas, qui avait réparti leurs zones d’expansion outre-mer.

Une expédition à la recherche d’un passage

L’expédition quitta le port de Sanlúcar de Barrameda le 20 septembre 1519, après avoir été préparée à Séville. Elle comprenait cinq navires : la Trinidad, le San Antonio, la Concepción, la Victoria et le Santiago. Magellan conduisit la flotte vers l’Atlantique puis longea les côtes de l’Amérique du Sud afin de trouver un passage maritime vers l’ouest. Le voyage fut rapidement marqué par les difficultés. Les équipages durent affronter le froid, le manque de ravitaillement et une mutinerie à Puerto San Julián, en Patagonie, que Magellan réprima. La flotte perdit aussi le Santiago, naufragé avant la découverte du passage, tandis que le San Antonio abandonna l’expédition pendant la traversée du détroit. Ces événements réduisirent les forces disponibles avant même l’entrée dans le Pacifique.

Le détroit et la traversée du Pacifique

En octobre 1520, l’expédition trouva le passage qui permettait de contourner l’extrémité méridionale du continent américain. Ce détroit, appelé plus tard détroit de Magellan, relie l’Atlantique au Pacifique à travers un réseau de chenaux et de bras de mer. Après l’avoir franchi, les navires pénétrèrent dans un océan que les Européens connaissaient encore très mal. Magellan le baptisa « océan Pacifique », en référence aux conditions relativement calmes rencontrées au moment de son entrée dans ses eaux. La suite de la traversée fut pourtant extrêmement éprouvante : pendant plusieurs mois, les marins subirent la faim, les maladies et l’épuisement, tandis que la flotte avançait sans connaître l’immensité de l’océan. Elle atteignit les îles Mariannes, puis les Philippines, au printemps 1521.

La mort de Magellan et le retour d’Elcano

Aux Philippines, Magellan intervint dans un conflit entre dirigeants locaux. Il soutint notamment Humabon, dirigeant de Cebu, contre Lapu-Lapu, chef de Mactan. Le 27 avril 1521, il participa à l’affrontement de Mactan et y trouva la mort. Son décès ne mit pas immédiatement fin à l’expédition, mais il provoqua plusieurs changements de commandement. Les survivants poursuivirent leur route vers les Moluques, où ils chargèrent des épices. La flotte fut ensuite séparée : la Victoria, placée sous le commandement de Juan Sebastián Elcano, repartit vers l’ouest par l’océan Indien, contourna le cap de Bonne-Espérance et regagna l’Espagne. Elle arriva à Sanlúcar le 6 septembre 1522, avec seulement dix-huit hommes à bord. L’expédition avait ainsi réalisé la première circumnavigation du globe, mais Magellan lui-même n’en avait parcouru qu’une partie.

Une portée géographique majeure

Le voyage de Magellan et d’Elcano démontra concrètement qu’il était possible de faire le tour du monde par voie maritime et confirma l’interconnexion des grands océans. Il ne constitua pas la première preuve de la sphéricité de la Terre, déjà admise dans les milieux savants européens, mais il transforma la connaissance pratique des distances et des routes océaniques. L’expédition ouvrit également une nouvelle voie maritime vers l’Asie pour l’Espagne, même si cette route demeurait longue et dangereuse. Le récit d’Antonio Pigafetta, l’un des participants au voyage, contribua à faire connaître les peuples, les paysages et les réalités géographiques rencontrés au cours de l’expédition.

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