Qui était Charles de Gaulle, fondateur de la Ve République ?
La réponse
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Charles de Gaulle était un général et homme d’État français dont l’action a marqué à la fois l’histoire militaire, la Résistance et les institutions de la France contemporaine. Chef de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, il dirige ensuite le Gouvernement provisoire à la Libération avant de devenir, en 1959, le premier président de la Ve République. Son retour au pouvoir, dans le contexte de la crise de 1958, conduit à la création d’un régime dans lequel l’exécutif et la fonction présidentielle occupent une place beaucoup plus importante.
De l’armée à la France libre
Formé comme officier, Charles de Gaulle défend dès l’entre-deux-guerres une conception de la guerre fondée sur la mobilité et l’emploi coordonné des blindés. Dans Vers l’armée de métier, publié en 1934, il propose de renforcer une armée professionnelle capable de mener des opérations rapides. Lorsque la France est vaincue en juin 1940, il est sous-secrétaire d’État à la Guerre et à la Défense nationale dans le gouvernement de Paul Reynaud. Refusant l’armistice demandé par le maréchal Pétain, il gagne Londres et lance, le 18 juin 1940, un appel à poursuivre le combat aux côtés du Royaume-Uni. Cet appel devient l’un des actes fondateurs de la France libre. Au cours de la guerre, de Gaulle organise les forces françaises combattantes et s’impose comme le représentant politique de la France qui refuse la défaite et la collaboration. En 1944, il prend la tête du Gouvernement provisoire de la République française, chargé de rétablir l’autorité républicaine après la Libération.
La crise de 1958 et la naissance de la Ve République
Après la guerre, de Gaulle critique les institutions de la IVe République, qu’il juge incapables d’assurer la stabilité gouvernementale et la continuité de l’État. Il se retire provisoirement de la vie politique, mais la crise liée à la guerre d’Algérie et l’instabilité ministérielle provoquent son retour au pouvoir en 1958. Investi président du Conseil le 1er juin, il reçoit la mission de préparer une nouvelle Constitution. La loi constitutionnelle du 3 juin 1958 encadre cette révision et permet au gouvernement d’élaborer un nouveau texte. Celui-ci est approuvé par référendum le 28 septembre, puis promulgué le 4 octobre 1958. La Constitution de la Ve République renforce l’exécutif, rationalise les rapports entre le gouvernement et le Parlement et donne au président des pouvoirs plus étendus que sous la République précédente.
Le premier président de la Ve République
Élu président de la République par un collège électoral, Charles de Gaulle entre en fonction en janvier 1959 et devient le premier chef de l’État de la Ve République. Il entend faire de la présidence l’institution garante de la continuité nationale et de l’indépendance de la France. Une révision constitutionnelle adoptée en 1962 établit l’élection du président au suffrage universel direct, réforme appliquée pour la première fois lors de l’élection présidentielle de 1965. Cette évolution accroît encore la légitimité politique du chef de l’État et contribue à installer durablement la présidentialisation de la vie politique française. Le régime demeure toutefois fondé sur un gouvernement responsable devant le Parlement : la Ve République n’est donc pas un régime présidentiel au sens strict.
Indépendance nationale et fin de la présidence
La politique de Charles de Gaulle repose également sur une conception exigeante de la souveraineté nationale. La France développe sous sa présidence une force nucléaire stratégique et cherche à conserver une capacité d’action indépendante dans les affaires internationales. En 1966, de Gaulle retire la France du commandement militaire intégré de l’OTAN, tout en maintenant son appartenance à l’Alliance atlantique. Son mandat est aussi marqué par le règlement de la guerre d’Algérie, après l’évolution de sa politique vers l’autodétermination et les accords d’Évian de 1962. En mai 1968, une crise sociale et politique majeure met son pouvoir à l’épreuve. Il quitte finalement la présidence le 28 avril 1969, après le rejet par référendum d’un projet portant notamment sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Son héritage institutionnel reste associé à la stabilité et à la longévité de la Ve République, ainsi qu’à un rôle central du président dans les institutions françaises.
