Qui était Charles de Gaulle ?
La réponse
En savoir plus
Charles de Gaulle était un général et un homme d’État français, figure majeure de l’histoire du XXe siècle. Né à Lille en 1890 et mort en 1970, il s’est d’abord illustré comme officier avant de devenir, pendant la Seconde Guerre mondiale, le chef de la France libre. Après la Libération, il a joué un rôle déterminant dans la reconstruction de l’autorité républicaine, puis dans la fondation de la Cinquième République, dont il fut le premier président de 1959 à 1969.
Le chef de la France libre
Après la défaite française de juin 1940, alors que le gouvernement du maréchal Pétain demande l’armistice, Charles de Gaulle gagne Londres. Le 18 juin, il prononce sur la BBC un appel dans lequel il invite les Français à poursuivre le combat aux côtés du Royaume-Uni et des Alliés. Peu entendu au moment de sa diffusion, cet appel devient ensuite le symbole de la résistance française. De Gaulle organise autour de lui la France libre, qui rassemble des forces militaires et des représentants politiques opposés à l’occupation allemande et au régime de Vichy. Son objectif est de maintenir la France dans la guerre et de défendre la continuité de la République. À partir de 1943, il dirige le Comité français de la Libération nationale, puis, en 1944, le Gouvernement provisoire de la République française. Il accompagne ainsi le rétablissement de l’autorité républicaine lors de la Libération.
Une première expérience du pouvoir après la guerre
À la tête du Gouvernement provisoire, de Gaulle participe aux décisions qui préparent le redressement du pays et le retour aux institutions républicaines. Il soutient notamment le rétablissement du suffrage des femmes, dont le principe est adopté en 1944 et qui devient effectif lors des élections de 1945. Cependant, il désapprouve l’organisation politique qui se met en place après la guerre, qu’il juge trop dépendante des partis et insuffisamment capable d’assurer la stabilité de l’État. Il démissionne en janvier 1946. Après avoir fondé le Rassemblement du peuple français en 1947, il se tient provisoirement à l’écart du pouvoir, tout en continuant à défendre une conception exigeante de l’autorité de l’État et de l’indépendance nationale.
Le fondateur de la Cinquième République
De Gaulle revient au pouvoir en 1958, dans un contexte marqué par la guerre d’Algérie et par l’instabilité de la Quatrième République. Devenu président du Conseil, il fait préparer une nouvelle Constitution, approuvée par référendum le 28 septembre 1958 et promulguée le 4 octobre. Ce texte fonde la Cinquième République et renforce l’exécutif, en donnant au président de la République un rôle central dans la continuité de l’État et la conduite des grandes orientations nationales. De Gaulle devient le premier président de cette nouvelle République en 1959. En 1962, il fait approuver par référendum l’élection du président au suffrage universel direct, une réforme qui transforme durablement la vie politique française. Réélu en 1965, il exerce la présidence jusqu’à sa démission en 1969.
Une politique d’indépendance nationale
La politique de de Gaulle repose également sur l’idée que la France doit conserver une capacité d’action autonome dans les affaires internationales. Durant sa présidence, il poursuit le développement de la dissuasion nucléaire française et cherche à affirmer le pays comme une puissance indépendante. Avec le chancelier Konrad Adenauer, il signe le traité de l’Élysée en 1963, qui formalise la coopération franco-allemande. En 1966, la France se retire du commandement militaire intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, tout en restant membre de l’Alliance atlantique. De Gaulle doit aussi gérer la question algérienne : après avoir évolué vers le principe de l’autodétermination, il conduit la France jusqu’aux accords d’Évian et à l’indépendance de l’Algérie en 1962. Sur le plan intérieur, son action s’inscrit dans la période de forte croissance des Trente Glorieuses et accompagne la modernisation de l’économie, de l’administration et des infrastructures.
La démission et l’héritage gaullien
En avril 1969, de Gaulle soumet à référendum un projet portant notamment sur la régionalisation et la réforme du Sénat. Le projet est rejeté par les électeurs et il démissionne le lendemain. La Cinquième République, toutefois, lui survit et ses institutions restent au cœur de la vie politique française. Le gaullisme désigne depuis une tradition politique attachée à l’autorité de l’État, à l’indépendance nationale et à une certaine conception de la souveraineté populaire. L’héritage de Charles de Gaulle demeure néanmoins discuté, en raison de ses choix pendant la décolonisation, de sa pratique très personnelle du pouvoir et de sa vision d’une France indépendante au sein de l’Europe et du monde.
