Qui était Catherine II de Russie, surnommée Catherine la Grande ?
La réponse
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Née en 1729 sous le nom de Sophie-Frédérique-Augusta d’Anhalt-Zerbst, Catherine II devint impératrice de Russie en 1762 et conserva le pouvoir jusqu’à sa mort, en 1796. Originaire d’un petit État allemand, elle épousa en 1745 le futur Pierre III, puis adopta la foi orthodoxe et le nom de Catherine. Son accession au trône résulta d’un coup d’État qui renversa son époux. Durant son règne, elle s’efforça de renforcer l’administration et la puissance de l’Empire russe, tout en se présentant comme une souveraine éclairée, attentive aux arts, aux sciences et aux idées des Lumières.
Une souveraine influencée par les Lumières
Catherine entretint une correspondance avec plusieurs philosophes européens, notamment Voltaire et Denis Diderot, et s’intéressa aux débats sur le droit, l’éducation et le gouvernement. Cette proximité intellectuelle contribua à forger l’image d’une « despote éclairée », même si son pouvoir demeurait autocratique. En 1767, elle publia son Instruction, un texte destiné à guider les travaux d’une Commission législative chargée de réfléchir à une nouvelle organisation juridique de l’Empire. La commission ne parvint toutefois pas à rédiger le code espéré. Catherine soutint aussi des initiatives dans le domaine de l’éducation et chercha à rationaliser l’administration, mais ses réformes restèrent limitées par l’immensité du territoire, le poids de la noblesse et le maintien du servage.
L’expansion de l’Empire russe
Le règne de Catherine fut marqué par une importante expansion territoriale. Les guerres menées contre l’Empire ottoman permirent à la Russie de renforcer sa position autour de la mer Noire. Le traité de Küçük Kaynarca, signé en 1774, lui accorda notamment des avantages politiques et commerciaux considérables, tandis que la Crimée fut annexée par la Russie en 1783. Cette progression donna à l’Empire de nouveaux ports et une influence accrue dans le sud-est de l’Europe. Catherine participa également aux partages de la Pologne en 1772, 1793 et 1795. Ces opérations permirent à la Russie d’étendre ses possessions vers l’ouest et confirmèrent son rang de grande puissance européenne.
Le soutien aux arts et aux sciences
Catherine voulut faire de sa cour un centre culturel de premier plan. Elle acheta de nombreuses œuvres d’art européennes et constitua d’importantes collections impériales, qui formèrent le noyau des collections aujourd’hui associées au musée de l’Ermitage. Elle protégea également des écrivains, des artistes et des savants, et favorisa la diffusion de certaines œuvres et connaissances venues de l’étranger. Son action contribua à l’essor culturel de la Russie et à son intégration plus étroite dans la vie intellectuelle européenne. Ce mécénat bénéficia toutefois surtout à la cour, à la noblesse et aux milieux urbains instruits, dans une société où la majorité de la population restait soumise à de fortes contraintes sociales.
Le paradoxe du servage
La modernisation voulue par Catherine se heurta surtout à la question paysanne. Loin de supprimer le servage, elle confirma la place centrale de la noblesse dans l’ordre social et renforça ses privilèges, notamment avec la Charte à la noblesse de 1785. Cette politique alimenta les tensions qui éclatèrent lors de la révolte dirigée par le cosaque Iemelian Pougatchev, de 1773 à 1775. Celui-ci se présenta comme Pierre III et rallia des cosaques, des paysans et d’autres groupes opposés aux autorités impériales. Le soulèvement fut écrasé par l’armée impériale. Catherine II reste ainsi une figure à la fois réformatrice sur le plan culturel et administratif, conquérante sur le plan territorial, mais profondément attachée à l’autocratie et à l’ordre social de son époque.
