Organisations internationales

Qui était Boutros Boutros-Ghali, sixième secrétaire général des Nations unies ?

La réponse

Boutros Boutros-Ghali était un diplomate égyptien, premier Africain à diriger les Nations unies de 1992 à 1996. Il a marqué son mandat par la publication du rapport Agenda pour la paix, qui visait à renforcer la prévention des conflits. Son mandat a été marqué par des tensions, notamment sur la gestion des crises en ex-Yougoslavie et en Somalie.

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Boutros Boutros-Ghali fut un diplomate et universitaire égyptien, ainsi que le sixième secrétaire général des Nations unies. Élu pour un mandat de cinq ans, il dirigea l’Organisation du 1er janvier 1992 au 31 décembre 1996. Il fut le premier Africain à occuper cette fonction, dans un contexte profondément transformé par la fin de la guerre froide et la multiplication des conflits internes. Son mandat est notamment associé à la réflexion sur la prévention des conflits, mais aussi aux difficultés rencontrées par l’ONU en ex-Yougoslavie et en Somalie.

Un diplomate égyptien engagé dans le processus de paix

Né au Caire le 14 novembre 1922 dans une famille chrétienne copte, Boutros Boutros-Ghali étudia le droit à l’université du Caire, puis obtint un doctorat en droit international à l’université de Paris en 1949. Il enseigna ensuite les sciences politiques à l’université du Caire. Sa carrière politique et diplomatique s’inscrivit dans l’histoire de l’Égypte contemporaine : il devint ministre d’État aux Affaires étrangères en 1977 et conserva cette fonction jusqu’en 1991. À ce titre, il participa aux négociations qui conduisirent aux accords de Camp David de 1978 et au traité de paix signé entre l’Égypte et Israël en 1979. Cette expérience des négociations internationales contribua à faire de lui une personnalité connue au-delà du monde arabe.

L’Agenda pour la paix

Peu après son entrée en fonctions, Boutros-Ghali présenta en 1992 le rapport intitulé Agenda pour la paix. Ce document proposait de mieux structurer l’action internationale autour de plusieurs instruments complémentaires : la diplomatie préventive, la médiation, le maintien de la paix et la reconstruction après les conflits. L’objectif était de donner à l’ONU les moyens d’intervenir plus tôt, afin d’empêcher qu’une crise ne dégénère en guerre ouverte, plutôt que de se limiter à gérer ses conséquences. Le rapport soulignait également l’importance de la coopération entre l’ONU et les organisations régionales. Il devint l’un des textes les plus importants de la réflexion onusienne sur la prévention et la résolution des conflits après la guerre froide.

Les crises de l’ex-Yougoslavie et de la Somalie

La mise en œuvre de cette ambition se heurta toutefois à des crises particulièrement complexes. En ex-Yougoslavie, les forces de maintien de la paix des Nations unies furent déployées dans un contexte de guerre, tandis que le Conseil de sécurité demeurait divisé sur les moyens à employer. La chute de Srebrenica en juillet 1995, alors que la ville avait été déclarée zone de sécurité par l’ONU et placée sous la protection d’un contingent néerlandais, révéla brutalement les limites du dispositif international. En Somalie, l’intervention multinationale Restore Hope fut suivie par la mission des Nations unies UNOSOM II. Les combats de Mogadiscio, en octobre 1993, au cours desquels 18 soldats américains furent tués, contribuèrent à remettre en cause l’engagement militaire international. Ces deux dossiers alimentèrent les critiques visant la capacité de l’ONU à agir efficacement lorsque les États membres ne lui accordaient ni mandat suffisamment clair ni moyens adaptés.

Un mandat interrompu par le veto américain

Les difficultés opérationnelles s’accompagnèrent de tensions politiques avec les États-Unis, principal contributeur financier et militaire de nombreuses opérations de l’ONU. En 1996, Washington opposa son veto à la reconduction de Boutros-Ghali pour un second mandat. Cette décision fut liée aux désaccords persistants sur la conduite des opérations de paix, en particulier en Somalie, ainsi qu’à une conception différente du rôle que devait jouer l’Organisation. Boutros-Ghali quitta donc ses fonctions à la fin de 1996 et fut remplacé par Kofi Annan, lui aussi originaire du continent africain. Après son passage à l’ONU, il devint secrétaire général de la Francophonie de 1997 à 2002. Mort au Caire le 16 février 2016, à l’âge de 93 ans, il a laissé l’image d’un diplomate attaché à une ONU plus active dans la prévention des conflits, mais confronté aux limites imposées par les divisions des grandes puissances.

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