Religions du monde

Qui était Bahá'u'lláh, le fondateur de la foi bahá'íe ?

La réponse

Bahá'u'lláh, né en 1817 en Perse sous le nom de Mirza Husayn Ali Nuri, est le fondateur de la foi bahá'íe. Exilé pour ses croyances, il a proclamé en 1863 qu'il était le messager de Dieu attendu par toutes les religions. Ses enseignements prônent l'unité de l'humanité, l'égalité des sexes et l'harmonie entre science et religion, influençant des millions de croyants aujourd'hui.

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Né sous le nom de Mirza Husayn Ali Nuri en 1817 à Téhéran, dans une famille noble persane, Bahá'u'lláh incarne une figure spirituelle majeure du XIXe siècle. Son parcours, marqué par l'exil et la révélation progressive de sa mission, a donné naissance à l'une des religions les plus dynamiques du monde contemporain. Ses écrits, traduits en centaines de langues, continuent de guider une communauté dispersée sur tous les continents, tout en proposant une vision universelle de l'unité humaine.

Une jeunesse dans l'Iran des Qajars

Au début du XIXe siècle, la Perse, dirigée par la dynastie des Qajars, était un carrefour culturel où se mêlaient traditions chiites, influences soufies et courants réformistes. Dans ce contexte, Mirza Husayn Ali grandit au sein d'une famille aisée, son père étant un haut fonctionnaire à la cour du shah. Son éducation, imprégnée de poésie persane et de philosophie islamique, le prépare à un rôle bien au-delà des attentes d'une carrière administrative. Dès l'adolescence, il montre un intérêt marqué pour les questions spirituelles, fréquentant des cercles mystiques et étudiant les textes sacrés de l'islam, du zoroastrisme et même des traditions abrahamiques.

L'adhésion au Báb et les premiers bouleversements

Dans les années 1840, la Perse est secouée par l'émergence du mouvement babiste, fondé par le Báb, un marchand de Chiraz se présentant comme le "Porteur d'une nouvelle révélation". Ce mouvement, qui revendique une réinterprétation des enseignements islamiques, attire rapidement des milliers de disciples, inquiétant les autorités religieuses et politiques. Mirza Husayn Ali, alors âgé d'une trentaine d'années, se convertit avec enthousiasme, rejoignant les rangs des babis. Son engagement est si marqué qu'il devient l'un des principaux disciples du Báb, contribuant à diffuser ses enseignements malgré la répression croissante du pouvoir.

L'exil et la révélation progressive de sa mission

Après la mort du Báb, exécuté en 1850, et face à la persécution systématique des babis, Mirza Husayn Ali est arrêté en 1852 lors d'une vague d'arrestations visant les membres du mouvement. Condamné à l'exil, il est d'abord envoyé à Bagdad, alors sous domination ottomane, où il passe près de dix ans en résidence surveillée. C'est dans cette ville, loin de sa terre natale, qu'il commence à recevoir des révélations intenses, qu'il consigne dans des écrits comme les Quatre Vallées et le Livre du Certificat. En 1863, lors de son transfert vers Constantinople (aujourd'hui Istanbul), il annonce publiquement sa mission divine, se présentant comme celui que les babis attendaient : le Promis ou Celui que Dieu rendra manifeste.

Les enseignements fondateurs de la foi bahá'íe

Les écrits de Bahá'u'lláh, dont certains comptent parmi les plus vastes de la littérature religieuse mondiale, développent une vision radicalement inclusive de la spiritualité. Il y affirme l'unité fondamentale de toutes les religions, voyant dans les prophètes successifs—de Moïse à Bouddha, en passant par Jésus et Muhammad—des messagers d'un même Dieu, chacun adapté à son époque. Parmi ses principes les plus marquants figurent l'égalité absolue des hommes et des femmes, l'abolition des préjugés, l'harmonie entre science et foi, ainsi que l'instauration d'une paix mondiale fondée sur une gouvernance internationale. Ces idées, révolutionnaires pour l'époque, s'accompagnent d'un appel à l'abolition des systèmes oppressifs, comme l'esclavage ou les castes.

Un héritage spirituel et une communauté mondiale

Après son exil à Constantinople, Bahá'u'lláh est transféré en 1868 dans la prison-forteresse d'Akka, en Palestine ottomane, où il passe les dernières années de sa vie sous surveillance. Malgré ces conditions difficiles, il rédige certains de ses textes les plus influents, comme le Kitáb-i-Aqdas (Livre le plus sacré), considéré comme sa constitution spirituelle. À sa mort en 1892, son fils aîné, 'Abdu'l-Bahá, lui succède et consolide l'organisation de la communauté bahá'íe naissante. Aujourd'hui, avec plus de huit millions de fidèles répartis dans près de 200 pays, la foi bahá'íe est reconnue pour son engagement en faveur du dialogue interreligieux et des droits humains. Ses temples, ouverts à tous sans distinction, symbolisent cette quête d'unité universelle.