Qui était Bahá'u'lláh, le fondateur de la foi bahá'íe ?
La réponse
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Né à Téhéran en 1817 sous le nom de Mirza Husayn Ali Nuri, Bahá'u'lláh est le fondateur de la foi bahá'íe. Issu d'une famille aisée de la Perse des Qajar, il renonce à une carrière administrative pour s'engager dans le mouvement du Báb, apparu dans les années 1840. Les persécutions visant les babis bouleversent ensuite son existence : arrêté, emprisonné puis exilé, il élabore au fil de ce parcours la mission religieuse qui fera de lui une figure centrale de l'histoire spirituelle moderne.
Des débuts dans le mouvement du Báb
Le Báb, prédicateur apparu en Perse en 1844, annonçait une nouvelle étape de la révélation religieuse et préparait, selon ses enseignements, la venue d'une figure promise. Son message suscita rapidement un vaste mouvement, mais provoqua aussi l'hostilité des autorités religieuses et politiques. Mirza Husayn Ali rejoignit les babis et se distingua par son soutien à leurs communautés. Après l'exécution du Báb en 1850, les membres du mouvement furent soumis à une répression sévère. En 1852, Mirza Husayn Ali fut arrêté à Téhéran et incarcéré avant d'être expulsé de Perse. Cet exil, imposé en raison de son appartenance religieuse, devint le cadre de la transformation de son rôle au sein du mouvement babi.
L'exil et la déclaration de 1863
Bahá'u'lláh arriva à Bagdad en 1853. Il y passa plusieurs années, avec une interruption durant laquelle il se retira dans la région du Kurdistan, avant de revenir auprès des babis de la ville. Ses écrits de cette période comprennent notamment le Kitáb-i-Íqán, généralement traduit par Le Livre de la Certitude, ainsi que les Quatre Vallées. Peu avant son départ de Bagdad, en 1863, il déclara à ses proches qu'il était celui que le Báb avait annoncé et, plus largement, le messager de Dieu attendu par les religions. Cette proclamation eut lieu dans le jardin de Ridván, avant son transfert vers Constantinople, l'actuelle Istanbul. Les autorités ottomanes le déplacèrent ensuite à Andrinople, aujourd'hui Edirne, puis à Saint-Jean-d'Acre en 1868. Bahá'u'lláh porta alors le titre sous lequel il est connu, qui signifie « Gloire de Dieu ».
Une vision de l'unité religieuse et humaine
La foi bahá'íe repose sur l'idée que l'humanité forme une seule famille et que les grandes religions participent d'une révélation divine progressive. Dans cette perspective, les fondateurs des religions apportent des enseignements adaptés aux besoins de leur époque, tout en appartenant à une même histoire spirituelle. Bahá'u'lláh insiste sur l'unité de l'humanité, le rejet des préjugés et la nécessité d'une paix durable. Ses enseignements défendent également l'égalité des femmes et des hommes ainsi que l'harmonie entre science et religion. Ils accordent une place importante à l'éducation, à la justice et à la coopération entre les peuples. Ces principes ne constituent pas seulement une réflexion théologique : ils organisent aussi la vie collective de la communauté bahá'íe et orientent son engagement dans la société.
Les dernières années et l'héritage
À Saint-Jean-d'Acre, alors dans l'Empire ottoman, Bahá'u'lláh fut d'abord détenu dans la ville fortifiée, puis vécut sous surveillance dans ses environs. Il y rédigea une grande partie de ses œuvres, notamment le Kitáb-i-Aqdas, considéré comme le livre le plus sacré de la foi bahá'íe et comme son principal texte législatif. Il mourut en 1892. Son fils aîné, 'Abdu'l-Bahá, lui succéda à la tête de la communauté et contribua à transmettre ses enseignements au-delà de la Perse et du Proche-Orient. La foi bahá'íe compte aujourd'hui des millions de croyants répartis dans de nombreuses régions du monde. Son message d'unité de l'humanité, d'égalité des sexes et de rapprochement entre science et religion demeure au cœur de son identité.
