Grandes religions

Qui était Bahá'u'lláh, et quelle religion a-t-il fondée ?

La réponse

Bahá'u'lláh était un prophète persan du XIXe siècle, fondateur de la foi bahá'íe. Exilé pour ses enseignements, il a proclamé l'unité de l'humanité, l'égalité des sexes, l'harmonie entre science et religion, et la nécessité d'une gouvernance mondiale. Son œuvre majeure, Kitáb-i-Aqdas, en est le texte central.

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Bahá’u’lláh, né Mírzá Husayn ‘Alí à Téhéran en 1817, est un prophète persan du XIXe siècle et le fondateur de la foi bahá’íe. Issu d’une famille noble, il renonça à une carrière officielle pour se consacrer à la réforme spirituelle et à la défense des opprimés. Son parcours fut ensuite marqué par les arrestations, les emprisonnements et une succession d’exils imposés par les autorités perses puis ottomanes. À travers ses écrits et ses déclarations, il proclama l’unité fondamentale de l’humanité et développa une religion distincte, dont le Kitáb-i-Aqdas constitue le texte central.

Du mouvement babi à la révélation

En 1844, Bahá’u’lláh rejoignit le mouvement fondé par le Báb, un prédicateur persan qui annonçait l’arrivée prochaine d’un nouveau messager de Dieu. Le babisme fut rapidement considéré comme une menace religieuse et politique par les autorités de Perse, et ses adeptes subirent une répression sévère. Après la tentative d’assassinat du shah de Perse par un petit groupe de babis en 1852, Bahá’u’lláh fut arrêté, bien qu’il n’eût pas participé à cette action. Il fut enfermé à Téhéran dans le Siyáh-Chál, ou « fosse noire », un cachot particulièrement insalubre. Selon son propre témoignage, c’est pendant cette détention qu’il reçut les premières manifestations de la mission divine qu’il proclamerait plus tard.

Une vie d’exil

Libéré après plusieurs mois, Bahá’u’lláh fut expulsé de Perse et envoyé à Bagdad en 1853. Il se retira ensuite pendant environ deux ans dans les montagnes du Kurdistan, avant de revenir dans la ville, où sa réputation spirituelle et son influence grandirent. Ses écrits de cette période contribuèrent à préciser sa conception de la révélation et du rapport entre les différentes traditions religieuses. En 1863, alors qu’il devait quitter Bagdad pour Constantinople, l’actuelle Istanbul, il annonça publiquement sa mission dans le jardin de Ridván. Ce séjour de douze jours est commémoré par les bahá’ís comme l’un des événements les plus importants de leur calendrier. L’exil se poursuivit à Constantinople, puis à Andrinople, aujourd’hui Edirne, avant son transfert vers Saint-Jean-d’Acre, en Palestine ottomane, en 1868. D’abord détenu dans la ville, Bahá’u’lláh vit progressivement ses conditions de résidence s’assouplir et passa la fin de sa vie à Bahjí, près d’Acre, où il mourut en 1892.

Les principes de la foi bahá’íe

Les enseignements de Bahá’u’lláh reposent d’abord sur l’unité de l’humanité. La foi bahá’íe affirme que les grandes religions procèdent d’une même source divine et que leurs fondateurs ont apporté des enseignements adaptés aux besoins spirituels et sociaux de leur époque. Cette conception, souvent appelée révélation progressive, ne demande donc pas d’abolir les traditions antérieures, mais de les comprendre comme les étapes d’une histoire religieuse commune. Bahá’u’lláh défend également l’égalité des sexes, l’éducation universelle et l’harmonie entre science et religion. Il appelle à dépasser les rivalités nationales et à établir des institutions capables d’assurer une gouvernance mondiale et une paix durable. Ces principes donnent à la foi bahá’íe une dimension à la fois spirituelle et sociale, tout en la distinguant clairement du babisme dont elle est historiquement issue.

Le Kitáb-i-Aqdas et la transmission de l’héritage

Bahá’u’lláh a laissé une œuvre considérable en arabe et en persan. Le Kitáb-i-Aqdas, généralement traduit par « Livre le plus saint », est son texte législatif et doctrinal central : il expose des prescriptions religieuses, des principes éthiques et des éléments destinés à organiser la vie de la communauté bahá’íe. Le Kitáb-i-Íqán, ou « Livre de la certitude », occupe également une place majeure dans la pensée bahá’íe en examinant la nature de la révélation et la continuité entre les religions. Après la mort de Bahá’u’lláh, son fils aîné, ‘Abdu’l-Bahá, fut désigné comme centre de l’Alliance et interprète autorisé de ses enseignements. Par ses voyages, sa correspondance et ses relations avec des communautés étrangères, il contribua à faire connaître cette foi au-delà de la Perse et du Moyen-Orient. La religion fondée par Bahá’u’lláh est ainsi devenue une communauté internationale structurée autour de l’unité humaine, de la justice et de la coopération entre les peuples.

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