Économie

Qui est Milton Friedman et quel courant économique a-t-il popularisé ?

La réponse

Milton Friedman était un économiste américain, figure de proue de l'école de Chicago. Il a popularisé le monétarisme, une théorie selon laquelle la quantité de monnaie en circulation est le principal déterminant de l'inflation et de la santé économique. Ses idées ont influencé les politiques économiques des années 1980.

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Milton Friedman (1912-2006) fut un économiste américain et l’une des figures de proue de l’école de Chicago. Professeur à l’université de Chicago, il a profondément marqué les débats économiques du XXe siècle par ses travaux sur la monnaie, l’inflation, la consommation et le chômage. Récompensé par le prix Nobel d’économie en 1976, il est surtout connu pour avoir popularisé le monétarisme, un courant qui accorde à la quantité de monnaie en circulation un rôle central dans l’évolution des prix et dans la situation économique générale. Ses analyses ont contribué à remettre en cause la domination des politiques keynésiennes et ont influencé les orientations économiques des années 1980.

Une figure de l’école de Chicago

L’école de Chicago désigne un ensemble de travaux et d’économistes associés à l’université de Chicago, attachés à l’analyse des mécanismes de marché et à l’examen empirique des phénomènes économiques. Friedman en fut l’un des représentants les plus connus. Il défendait généralement l’idée que les prix et la concurrence jouent un rôle essentiel dans la coordination de l’activité, et se montrait méfiant à l’égard d’une intervention publique trop large ou trop discrétionnaire. Son influence ne tient toutefois pas à une opposition simpliste entre l’État et le marché : elle repose aussi sur sa volonté de confronter les théories économiques aux données et d’évaluer concrètement les effets des politiques publiques.

Le monétarisme et le rôle de la monnaie

Le monétarisme est le courant économique que Friedman a largement contribué à populariser. Selon cette approche, la quantité de monnaie en circulation constitue un déterminant majeur du niveau général des prix et de la santé économique, en particulier sur le long terme. Une progression durablement trop rapide de la masse monétaire par rapport à la production tend ainsi à provoquer de l’inflation. Cette analyse s’inscrit dans une réflexion plus large sur le lien entre monnaie, revenus nominaux et activité économique. Elle ne signifie pas que tous les mouvements de l’économie s’expliquent uniquement par la monnaie : les chocs d’offre, les comportements des agents et les institutions peuvent également jouer un rôle. Friedman insistait cependant sur les dangers d’une création monétaire excessive et sur les limites des politiques cherchant à piloter en permanence l’économie par des interventions ponctuelles.

Inflation et chômage

Friedman a également contribué à renouveler l’analyse de la relation entre inflation et chômage. Il a défendu la notion de taux naturel de chômage, c’est-à-dire un niveau qui dépend notamment du fonctionnement du marché du travail et qui ne peut pas être réduit durablement par une simple expansion de la demande. Une politique de relance peut, selon lui, diminuer temporairement le chômage, car les agents économiques ne révisent pas immédiatement leurs anticipations. Lorsque ces anticipations s’ajustent, l’effet sur l’emploi disparaît tandis que l’inflation demeure plus élevée. Cette thèse contestait l’idée qu’un gouvernement puisse maintenir durablement un arbitrage favorable entre inflation et chômage au moyen d’une politique de stimulation continue.

Une influence importante dans les années 1980

Les idées monétaristes ont gagné une audience particulière à partir des années 1970, dans un contexte de forte inflation et de remise en question des politiques économiques keynésiennes. Elles ont ensuite influencé les débats et certaines orientations économiques des années 1980, notamment en mettant la lutte contre l’inflation au premier plan. Friedman recommandait une conduite plus prévisible de la politique monétaire et critiquait les tentatives de réglage permanent de l’économie par les autorités. Ses propositions ont suscité de nombreuses discussions et n’ont pas été appliquées partout de manière uniforme. Le monétarisme a ainsi exercé une influence durable sur la réflexion des banques centrales et sur la politique économique, même si les pratiques monétaires ultérieures ne se sont pas toujours conformées à une règle fixe de croissance de la masse monétaire.

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