Qui est le fondateur de la République populaire de Chine ?
La réponse
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ersonnage central de l’histoire contemporaine chinoise, Mao Zedong incarne à lui seul une période de bouleversements politiques, sociaux et idéologiques qui ont redessiné le destin de la Chine. Son rôle dans la fondation de la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949, marque l’aboutissement d’une longue lutte révolutionnaire et l’avènement d’un régime qui allait façonner le XXe siècle. Mais derrière l’image du fondateur se cache une trajectoire complexe, à la fois politique, militaire et idéologique, qui dépasse largement la simple proclamation d’un État.
La Longue Marche : le creuset de la légitimité révolutionnaire
Avant de devenir le père fondateur de la Chine moderne, Mao Zedong a dû conquérir une légitimité au sein même du mouvement communiste chinois. Dans les années 1930, alors que les forces nationalistes du Kuomintang menacent de balayer les bastions rouges, Mao organise la retraite stratégique connue sous le nom de Longue Marche. Entre 1934 et 1935, près de 100 000 communistes parcourent plus de 12 000 kilomètres à travers des territoires hostiles, fuyant les troupes de Tchang Kaï-chek. Cette épopée, où seulement quelques milliers survivent, devient un mythe fondateur du Parti communiste chinois. Mao y consolide son leadership en s’appuyant sur la paysannerie, une stratégie qui contraste avec l’orthodoxie marxiste-léniniste privilégiant la classe ouvrière urbaine.
La guerre contre le Japon et l’unification des forces anti-nationalistes
L’invasion japonaise de la Chine en 1937 change radicalement la donne. Le conflit, qui durera jusqu’en 1945, plonge le pays dans une guerre totale et affaiblit considérablement le régime nationaliste. Mao Zedong saisit cette opportunité pour renforcer l’influence de son parti. Sous le couvert de la résistance anti-japonaise, l’Armée rouge chinoise, rebaptisée Armée populaire de libération, mène des opérations de guérilla et étend son contrôle sur les campagnes. Cette période permet à Mao de présenter le Parti communiste comme le véritable défenseur de la nation, tandis que le Kuomintang, corrompu et inefficace, perd le soutien populaire. Lorsque la guerre s’achève, le conflit civil reprend, mais cette fois, les communistes sont en position de force.
La proclamation de la République populaire : un nouveau départ pour la Chine
Le 1er octobre 1949, sur la place Tiananmen à Pékin, Mao Zedong déclare officiellement la fondation de la République populaire de Chine. Ce moment historique met fin à plus de vingt ans de guerre civile et à plus d’un siècle de domination étrangère et d’humiliations infligées à la Chine. Le nouveau régime s’inspire du modèle soviétique, avec un système de parti unique et une économie planifiée. Mao devient le président du gouvernement central et incarne l’espoir d’une Chine unifiée, indépendante et puissante. Cependant, cette proclamation ne marque pas la fin des défis. Le pays sort exsangue de décennies de conflits, et la mise en place d’un État moderne nécessite des réformes radicales, souvent brutales.
L’héritage controversé d’un fondateur
Si Mao Zedong reste le fondateur de la République populaire de Chine, son héritage est aujourd’hui l’objet de débats intenses. D’un côté, il est célébré comme celui qui a redonné à la Chine sa souveraineté et mis fin à l’oppression étrangère. De l’autre, son règne est associé à des périodes de répression massive, comme le Grand Bond en avant (1958-1962) ou la Révolution culturelle (1966-1976), qui ont causé la mort de millions de personnes. Ces événements ont profondément marqué la société chinoise et continuent d’influencer la mémoire collective. Aujourd’hui, le Parti communiste chinois, toujours au pouvoir, entretient un culte de la personnalité autour de Mao, tout en cherchant à distancier le pays de certaines de ses politiques les plus radicales.