Qui dirigeait la France pendant la Seconde Guerre mondiale ?
La réponse
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Il n'y a pas eu un seul dirigeant pour l'ensemble de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Albert Lebrun fut président de la République jusqu'en juillet 1940. Après la défaite et le vote des pleins pouvoirs au maréchal Philippe Pétain, le régime de Vichy dirigea officiellement l'État français de 1940 à 1944. Dans le même temps, depuis Londres puis aux côtés de la Résistance, Charles de Gaulle incarna la France libre avant de prendre la direction du Gouvernement provisoire après la Libération.
La fin de la Troisième République
La défaite française face à l'Allemagne au printemps 1940 provoqua un bouleversement institutionnel. L'armistice fut signé en juin, tandis que le gouvernement et les parlementaires se replièrent à Vichy. En juillet 1940, l'Assemblée nationale accorda à Philippe Pétain les pouvoirs nécessaires pour établir de nouvelles institutions. Les actes constitutionnels qui suivirent firent de lui le chef de l'État français. Albert Lebrun, dernier président de la Troisième République, cessa alors d'exercer cette fonction. Pétain n'était donc pas président de la République : il dirigeait un régime qui avait rompu avec les institutions républicaines.
Le régime de Vichy
De 1940 à 1944, le gouvernement installé à Vichy administra la partie de la France qui restait sous son autorité, dans les limites imposées par l'occupation allemande. Le régime de Pétain mena une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie, dans les domaines diplomatique, économique et policier. Il adopta également ses propres mesures antisémites et participa à la persécution et à la déportation des Juifs. La police et l'administration françaises contribuèrent à la répression des opposants et à l'arrestation de nombreuses personnes. Vichy ne disposait toutefois pas d'une souveraineté pleine et entière : l'occupation allemande réduisait fortement sa marge de décision, et les autorités allemandes étendirent leur contrôle sur le territoire au cours de la guerre.
La France libre et Charles de Gaulle
Dès juin 1940, Charles de Gaulle refusa l'armistice et appela depuis Londres les Français à poursuivre le combat. Son appel du 18 Juin marqua le début de la France libre, qui se construisit progressivement comme une autorité française combattante opposée à Vichy et à l'Allemagne nazie. De Gaulle ne dirigeait pas alors l'administration de la France métropolitaine, mais il représentait, avec les forces françaises libres puis avec les mouvements de Résistance, une autre conception de la légitimité française. Cette distinction est essentielle : pendant plusieurs années, Pétain fut le chef de l'État français reconnu par le régime de Vichy, tandis que de Gaulle dirigeait la France libre depuis l'étranger et les territoires ralliés.
Le Gouvernement provisoire après la Libération
La Libération de la France en 1944 mit fin au pouvoir de Vichy sur le territoire métropolitain. Charles de Gaulle prit alors la tête du Gouvernement provisoire de la République française, chargé de rétablir l'autorité républicaine et d'administrer le pays libéré. La France fut ainsi représentée par un pouvoir provisoire se réclamant de la continuité de la République, et non par le régime de Vichy. La réponse doit donc être formulée en fonction des périodes : Albert Lebrun jusqu'en juillet 1940, Philippe Pétain à la tête de l'État français de 1940 à 1944, puis Charles de Gaulle à la direction du Gouvernement provisoire après la Libération.
