Qui a vraiment écrit les œuvres de Shakespeare ?
La réponse
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Depuis plus de quatre siècles, les œuvres attribuées à William Shakespeare suscitent une interrogation persistante : qui se cache vraiment derrière ces textes géniaux ? Le doute ne porte pas sur leur qualité littéraire, unanimement célébrée, mais sur l’identité de leur auteur. Entre théories alternatives et preuves historiques, le mystère reste entier, alimentant des débats passionnés parmi les spécialistes.
Un parcours atypique qui nourrit les soupçons
William Shakespeare, né en 1564 à Stratford-upon-Avon, n’a laissé aucune trace écrite de sa main avant son arrivée à Londres dans les années 1590. Aucun manuscrit autographe de ses pièces ou de ses poèmes n’a été conservé, et son nom n’apparaît que comme signataire de quelques documents juridiques ou commerciaux. Cette absence de preuves directes alimente les théories selon lesquelles un autre esprit aurait pu écrire sous son nom. Les détracteurs soulignent également que son éducation, limitée aux rudiments dispensés dans une école de province, ne l’aurait pas suffisamment préparé à maîtriser les subtilités juridiques, les références classiques ou les langues étrangères présentes dans ses œuvres.
Les figures les plus souvent évoquées
Parmi les candidats les plus fréquemment cités, Francis Bacon, philosophe et homme d’État, occupe une place centrale. Ses connaissances encyclopédiques en droit, en science et en philosophie correspondent aux thèmes abordés dans les pièces shakespeariennes. Une autre hypothèse, popularisée au XIXe siècle, désigne Edward de Vere, 17e comte d’Oxford, poète et dramaturge de talent. Ses voyages en Italie et son intérêt pour le théâtre pourraient expliquer les détails géographiques et culturels précis des œuvres. D’autres noms, comme Christopher Marlowe, Christopher Hatton ou même la reine Élisabeth Ire, ont été proposés, mais sans preuve tangible.
Les arguments en faveur de l’attribution traditionnelle
Les partisans de l’authenticité de Shakespeare s’appuient sur des éléments concrets. Les premières éditions des pièces, publiées entre 1594 et 1623, sont attribuées à un acteur et dramaturge du nom de William Shakespeare, membre de la troupe du Lord Chamberlain’s Men, qui deviendra plus tard le King’s Men. Les contemporains de l’auteur, comme Ben Jonson, le mentionnent explicitement dans leurs écrits. De plus, des documents d’archives attestent de transactions financières et de propriétés en son nom, suggérant une vie matérielle incompatible avec l’hypothèse d’un pseudonyme collectif ou aristocratique.
Les limites des théories alternatives
Les arguments en faveur d’un autre auteur reposent souvent sur des interprétations subjectives ou des coïncidences. Les connaissances juridiques ou classiques attribuées à Bacon, par exemple, pourraient aussi bien provenir de collaborations avec des juristes ou de lectures approfondies. Quant aux similitudes entre le style d’Oxford et celui des pièces, elles s’expliquent par l’influence de l’époque et des cercles littéraires. Aucune preuve documentaire ne lie directement l’un de ces candidats à l’écriture des œuvres, tandis que les archives confirment l’existence et l’activité théâtrale de Shakespeare.
Un mystère qui dépasse l’auteur
Au-delà de la question de l’identité, le débat révèle une fascination pour l’anonymat et la postérité. Les œuvres de Shakespeare, d’une richesse inépuisable, transcendent leur auteur présumé. Qu’il s’agisse d’un seul génie ou d’un collectif, le mystère contribue à leur aura intemporelle. Les théories alternatives, bien que séduisantes, restent des conjectures, tandis que les preuves historiques soutiennent l’hypothèse d’un seul homme, William Shakespeare, dont la vie et l’œuvre continuent de fasciner le monde entier.