Qui a réalisé le premier tour du monde en bateau à voile ?
La réponse
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En 1519, cinq navires quittèrent l’Espagne pour une expédition sans précédent : tenter de rejoindre les îles aux épices en naviguant vers l’ouest. Aucun équipage n’avait encore tenté de boucler ainsi la planète. Ce périple, qui devait durer près de trois ans, allait entrer dans l’histoire comme le premier tour du monde en bateau à voile, bien que son initiateur n’en vît jamais l’achèvement.
Un départ sous haute tension
L’armada, composée de la Trinidad, du San Antonio, du Concepción, du Victoria et du Santiago, fut placée sous le commandement de Ferdinand Magellan, un navigateur portugais au service de l’Espagne. Le roi Charles Quint finançait l’expédition dans l’espoir de contourner le monopole portugais sur les épices en découvrant une nouvelle route maritime vers les Moluques. Les équipages, recrutés dans plusieurs nations européennes, ignoraient pour la plupart qu’ils s’engageaient dans une traversée qui les mènerait bien au-delà des mers connues.
La traversée d’un océan inconnu
Après avoir longé les côtes sud-américaines et découvert le détroit qui portera plus tard son nom, Magellan et ses hommes affrontèrent l’immensité de l’océan Pacifique. Les trois mois de traversée furent marqués par des conditions extrêmes : manque d’eau potable, scorbut et rationnement drastique. Sur les quelque 270 hommes partis de Séville, à peine une centaine atteindraient les Philippines. Magellan lui-même y trouva la mort en avril 1521 lors d’un combat contre des guerriers locaux, scellant ainsi le sort de l’expédition.
Elcano, l’homme qui acheva le voyage
C’est Juan Sebastián Elcano, un marin basque expérimenté, qui prit le relais à la tête des survivants. Sous son commandement, l’expédition quitta les Philippines à bord du seul navire restant, le Victoria, avec une cargaison réduite à quelques clous de girofle. Après une traversée de l’océan Indien puis du cap de Bonne-Espérance, le navire regagna Séville en septembre 1522, avec seulement 18 membres d’équipage à son bord. Ce retour marqua l’achèvement du premier tour du monde en bateau à voile.
Un héritage scientifique et maritime
Au-delà de la prouesse humaine, cette expédition révolutionna la connaissance du globe. Elle confirma la rotondité de la Terre, cartographia des courants océaniques et révéla l’étendue des océans. Les récits des survivants, notamment ceux d’Antonio Pigafetta, fournirent aux Européens des données précieuses sur les cultures et les routes maritimes. Pourtant, ce voyage fut aussi un désastre démographique : sur les 237 hommes partis, seuls 18 revinrent, illustrant les risques extrêmes de la navigation au XVIe siècle.