Qui a réalisé le premier film parlant de l'histoire du cinéma ?
La réponse
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Alan Crosland est généralement considéré comme le réalisateur du premier film parlant de l’histoire du cinéma : Le Chanteur de jazz, sorti en 1927. Cette œuvre américaine marque une étape décisive, car elle associe pour la première fois avec un tel retentissement des images à des passages chantés et parlés enregistrés. Elle n’est toutefois pas entièrement sonore : la plus grande partie du film reste construite selon les codes du cinéma muet, avec des intertitres et un accompagnement musical.
Une œuvre pionnière mais hybride
Le Chanteur de jazz est présenté au public le 6 octobre 1927 au Warner Theatre de New York. Produit par la Warner Bros., le film repose sur le procédé Vitaphone, un système dans lequel le son est enregistré sur des disques synchronisés avec la projection de la pellicule. Le chanteur et acteur Al Jolson y tient le rôle principal. Ses chansons et quelques passages parlés donnent au public l’impression d’entendre directement les personnages à l’écran, alors que les scènes dialoguées restent limitées. Pour cette raison, les historiens le décrivent souvent comme un film partiellement parlant ou comme un « part-talkie », plutôt que comme le premier long métrage intégralement sonore.
Une primauté à replacer dans son contexte
Des expériences visant à synchroniser des images et des sons avaient été menées avant 1927. Plusieurs procédés techniques avaient déjà permis d’accompagner une projection par de la musique, des bruitages ou des enregistrements. Alan Crosland lui-même avait réalisé Don Juan, présenté en 1926 avec une bande sonore synchronisée comprenant notamment de la musique et des effets sonores. La singularité du Chanteur de jazz tient donc moins à une invention absolue qu’à la combinaison de dialogues et de chants synchronisés, ainsi qu’à l’accueil exceptionnel réservé au film. Son succès montre aux studios et aux exploitants de salles que le son peut devenir un atout commercial majeur.
Le rôle d’Alan Crosland et d’Al Jolson
Alan Crosland assure la mise en scène de cette production Warner Bros. conçue pour mettre en valeur les possibilités du Vitaphone. Al Jolson, déjà célèbre comme chanteur et artiste de scène, occupe une place centrale dans cette démonstration technique : sa voix devient un élément essentiel du spectacle et de la promotion du film. Les séquences chantées ne constituent pas un simple accompagnement extérieur, comme c’était le cas dans de nombreuses projections muettes ; elles sont liées aux mouvements et à la présence du personnage filmé. Cette association entre vedette populaire, performance vocale et innovation technique contribue fortement à la portée historique de l’œuvre.
Le début d’une transition progressive
La sortie du Chanteur de jazz ne fait pas disparaître instantanément le cinéma muet. L’adoption du parlant demande aux salles d’acquérir du matériel spécifique et aux studios de modifier leurs méthodes de tournage, d’enregistrement et de production. Les acteurs doivent également s’adapter à la prise de son et à l’importance nouvelle de la voix. La transition s’effectue donc progressivement, mais le film de Crosland accélère la généralisation des productions sonores, d’abord aux États-Unis puis dans les autres grandes cinématographies. Son importance historique doit cependant être nuancée par son contenu : le film reprend notamment des représentations raciales en blackface, aujourd’hui considérées comme profondément problématiques. Malgré ces réserves, Alan Crosland reste le nom associé à l’œuvre généralement retenue comme le premier film parlant : Le Chanteur de jazz.
