Histoire de la musique

Qui a inventé les Ondes Martenot, un instrument électronique présenté en 1928 ?

La réponse

Maurice Martenot, musicien et inventeur français, a inventé les Ondes Martenot en 1928. L’instrument produit des sons à l’aide d’oscillations électriques et a notamment été utilisé par Olivier Messiaen.

En savoir plus

En 1928, Maurice Martenot présentait les Ondes Martenot, un instrument électronique appelé à occuper une place singulière dans l’histoire de la musique du XXe siècle. Son invention permettait de produire des sons à partir d’oscillations électriques, plutôt qu’à partir de cordes, de membranes ou de colonnes d’air comme dans les instruments traditionnels. Elle ouvrait ainsi aux compositeurs un nouvel espace sonore, tout en conservant des possibilités de contrôle adaptées à la pratique musicale. Les Ondes Martenot ne sont donc pas l’œuvre d’un laboratoire anonyme : elles ont été conçues par Maurice Martenot, musicien et inventeur français, dont le nom est resté directement associé à l’instrument.

Un instrument électronique pensé pour les musiciens

Les Ondes Martenot appartiennent à la première génération des instruments électroniques. Leur fonctionnement repose sur la production et la modulation d’oscillations électriques, transformées ensuite en sons audibles. L’interprète peut notamment contrôler la hauteur des sons à l’aide d’un clavier, mais aussi employer un ruban de commande permettant une évolution continue du glissando et de l’intonation. Cette combinaison donne à l’instrument une expressivité particulière : le musicien peut jouer des hauteurs précises tout en produisant des transitions souples entre les notes. Des commandes supplémentaires permettent également de modifier l’intensité et la couleur du son. Il serait toutefois réducteur de présenter l’instrument comme un simple appareil diffusant des « ondes radio » : son principe relève plus précisément de circuits électroniques et d’oscillations électriques contrôlées par l’interprète.

Une palette sonore reconnaissable

La richesse des Ondes Martenot tient autant à leur technologie qu’à leur mode de jeu. Selon les réglages employés, elles peuvent produire des sons continus, des glissandi très expressifs ou des timbres qui évoquent parfois la voix humaine, les cordes ou certains sons plus abstraits. Leur émission sonore peut passer par différents diffuseurs, ce qui contribue à la variété de leurs couleurs et de leurs effets. Cette souplesse a attiré des compositeurs désireux d’élargir les possibilités de l’orchestre sans renoncer à une interprétation nuancée. L’instrument exige néanmoins une maîtrise spécifique, notamment pour contrôler précisément les variations de hauteur et les effets de vibrato.

La rencontre avec l’œuvre d’Olivier Messiaen

Les Ondes Martenot ont trouvé un défenseur particulièrement important en la personne d’Olivier Messiaen. Le compositeur français les a intégrées à plusieurs œuvres et a contribué à leur reconnaissance dans le répertoire contemporain. Elles occupent notamment une place marquante dans la Turangalîla-Symphonie, où leur timbre contribue aux contrastes et aux atmosphères de l’œuvre. Grâce à cet usage par Messiaen, les Ondes Martenot ont dépassé le statut de curiosité technologique : elles sont devenues un véritable instrument de composition et d’interprétation. Leur histoire reste ainsi liée à une rencontre entre l’invention de Maurice Martenot, les possibilités nouvelles de l’électronique et la recherche de couleurs sonores menée par les compositeurs du XXe siècle.

CultureG.org