Qui a inventé le vaccin contre la rage et quand ?
La réponse
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En 1885, Louis Pasteur et ses collaborateurs mettent au point la première méthode de vaccination contre la rage appliquée à l’être humain. Cette avancée repose sur l’atténuation progressive de l’agent infectieux, puis sur l’utilisation de préparations obtenues à partir de moelles épinières de lapins infectés et desséchées. Le traitement est expérimenté en juillet 1885 sur Joseph Meister, un garçon mordu par un chien enragé, qui survit sans développer la maladie.
Une maladie presque toujours mortelle après les symptômes
La rage est une infection transmise principalement par la morsure d’un animal contaminé. Avant les travaux de Pasteur, elle représentait une menace particulièrement redoutée, car une fois les signes neurologiques apparus, l’issue était presque toujours fatale. Les malades pouvaient notamment souffrir de troubles de la déglutition, de spasmes et d’une forte sensibilité à l’eau, d’où le terme d’hydrophobie. L’agent responsable n’était pas directement observable ni cultivable avec les techniques de laboratoire disponibles à cette époque. Pour l’étudier, Pasteur et son équipe ont donc eu recours à des expériences sur des animaux, en particulier des lapins.
L’atténuation de l’agent de la rage
La méthode élaborée par Pasteur et ses collaborateurs s’appuyait sur des passages de l’agent de la rage dans des tissus nerveux de lapins. Ils ont ensuite utilisé des moelles épinières infectées, conservées dans des conditions de dessiccation. Cette étape diminuait progressivement la virulence de la préparation. En disposant ainsi de matières présentant différents degrés d’activité, les chercheurs pouvaient administrer une série d’inoculations destinée à préparer l’organisme à résister à l’infection. Le procédé différait des vaccins modernes, mais il reposait déjà sur un principe essentiel de la vaccination : exposer l’organisme à une forme suffisamment affaiblie d’un agent infectieux pour provoquer une protection.
Joseph Meister, premier bénéficiaire du traitement
En juillet 1885, Joseph Meister, âgé de neuf ans, est amené auprès de Pasteur après avoir été mordu à plusieurs reprises par un chien reconnu comme enragé. La gravité des blessures et le risque très élevé de voir apparaître la maladie conduisent Pasteur à tenter son protocole sur l’enfant. Une série d’inoculations réalisées avec les préparations de moelle desséchée est alors administrée, en commençant par les formes les plus atténuées et en utilisant ensuite des préparations plus actives. Joseph Meister ne développe pas la rage et survit. Cette expérience constitue la première démonstration humaine emblématique de l’efficacité du traitement élaboré par Pasteur et son équipe.
Une étape majeure de la vaccination
L’expérience de 1885 marque une étape décisive dans l’histoire de la médecine préventive. Elle montre qu’une préparation obtenue à partir d’un agent infectieux atténué peut protéger une personne après une exposition dangereuse. Le procédé de Pasteur a ensuite été perfectionné : les anciennes préparations à base de tissus nerveux animaux ont été remplacées par des vaccins produits sur cultures cellulaires, mieux contrôlés et utilisés encore aujourd’hui dans la prévention et la prise en charge des expositions à la rage. Le vaccin contre la rage est donc généralement attribué à Louis Pasteur et à ses collaborateurs, avec une mise au point et une première application humaine en 1885.
