Qui a inventé le premier ordinateur programmable fonctionnel en 1941 ?
La réponse
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En 1941, l’ingénieur allemand Konrad Zuse achevait une machine qui allait devenir un jalon majeur de l’histoire de l’informatique : le Z3. Généralement considéré comme le premier ordinateur programmable fonctionnel au monde, cet appareil n’était pourtant pas un ordinateur électronique au sens moderne. Il reposait sur des relais électromécaniques et exécutait automatiquement des instructions inscrites sur une bande perforée. Cette précision est essentielle : les programmes du Z3 étaient fournis à la machine par cette bande, mais n’étaient pas conservés dans sa mémoire interne.
Une machine électromécanique fondée sur le binaire
Le Z3 effectuait ses opérations grâce à des relais, des composants qui commutent mécaniquement des circuits électriques. Il travaillait avec une représentation binaire des nombres et disposait d’une mémoire interne destinée à conserver les données et les résultats intermédiaires. Cette mémoire était organisée en 64 mots de 22 bits. La machine pouvait ainsi enchaîner automatiquement des opérations arithmétiques sans que l’utilisateur ait à intervenir après le lancement du calcul. Elle se distinguait des calculatrices mécaniques antérieures par l’association d’une mémoire, d’une unité de calcul et d’un dispositif de commande capable de suivre une suite d’instructions.
Des programmes enregistrés sur une bande perforée
La programmation du Z3 ne reposait pas sur un programme mémorisé à l’intérieur de la machine. Les instructions étaient codées sous forme de perforations sur une bande, puis lues successivement par le dispositif de commande. Pour réaliser un autre calcul, il fallait donc utiliser une autre bande ou modifier celle qui contenait les instructions. Cette méthode permettait néanmoins au Z3 d’exécuter automatiquement des programmes, ce qui justifie sa qualification d’ordinateur programmable. Elle le distingue aussi des machines conçues pour une opération unique ou nécessitant une intervention humaine à chaque étape du calcul.
Pourquoi le Z3 occupe une place décisive
L’importance historique du Z3 ne tient pas à sa vitesse, limitée par le fonctionnement des relais, mais à la réunion de plusieurs éléments essentiels : le calcul binaire, une mémoire interne pour les données, l’exécution automatique d’une séquence d’instructions et la possibilité de modifier cette séquence. Il ne faut toutefois pas lui attribuer une architecture identique à celle des ordinateurs ultérieurs : le programme n’était pas stocké dans la mémoire de la machine. Malgré cette différence fondamentale, le Z3 constitue une réalisation concrète et fonctionnelle de la programmation automatique, à une époque où les ordinateurs électroniques n’existaient pas encore.
Une invention marquée par la guerre
Le Z3 a été conçu dans l’Allemagne de la Seconde Guerre mondiale et l’exemplaire original a été détruit pendant le conflit. Cette disparition n’a pas effacé son rôle dans l’histoire des techniques. En concevant une machine capable d’exécuter automatiquement des programmes sur une base électromécanique, Konrad Zuse a posé l’une des bases de l’informatique moderne. Le Z3 reste ainsi associé à une étape fondatrice : celle où une machine de calcul devient programmable, même si ses instructions sont encore portées par une bande perforée plutôt que conservées dans sa mémoire.
