Histoire de la musique

Qui a inventé le piano ?

La réponse

Le piano a été inventé au début du XVIIIe siècle par Bartolomeo Cristofori en Italie. Il a perfectionné un instrument appelé gravicembalo col piano e forte, capable de produire des nuances de volume en fonction de la force de frappe des touches, d'où son nom.

En savoir plus

Le piano est né en Italie au début du XVIIIe siècle, dans l’atelier florentin de Bartolomeo Cristofori. Son invention répondait à une limite importante des instruments à clavier de l’époque : le clavecin permettait peu de variations de volume selon la force exercée sur les touches, tandis que le clavicorde, capable de nuances, produisait un son trop faible pour de nombreux usages. Cristofori conçut un mécanisme permettant de frapper les cordes avec des marteaux et de moduler l’intensité sonore du jeu.

Le gravicembalo col piano e forte

Cristofori donna à son nouvel instrument le nom de gravicembalo col piano e forte, une expression italienne signifiant approximativement « clavecin avec des sons doux et forts ». Cette appellation soulignait sa principale nouveauté : le volume pouvait varier en fonction de la force avec laquelle l’interprète enfonçait les touches. Il ne s’agissait donc plus seulement de produire des notes, mais aussi d’agir directement sur leur intensité. Le terme piano, employé ensuite pour désigner l’instrument, vient de cette dénomination originale.

Un mécanisme fondé sur les marteaux

La réussite de Cristofori repose sur un système mécanique particulièrement ingénieux. Lorsqu’une touche était enfoncée, elle actionnait un marteau recouvert de cuir qui frappait la corde, au lieu de la pincer comme dans un clavecin. Le mécanisme d’échappement permettait ensuite au marteau de retomber sans rester contre la corde, afin de ne pas bloquer sa vibration et de permettre une nouvelle frappe. Cette organisation donnait au musicien un contrôle plus précis de l’intensité et de l’articulation. Cristofori n’a pas été le premier à imaginer des cordes frappées, puisque le clavicorde reposait déjà sur un principe différent de ce type ; son apport décisif a été de mettre au point une mécanique efficace, expressive et adaptée à un instrument de plus grande ampleur.

Une diffusion progressive en Europe

Les premiers pianos de Cristofori ne se sont pas immédiatement imposés. Pendant plusieurs décennies, le clavecin et le clavicorde sont restés très présents dans la vie musicale, tandis que le nouvel instrument demeurait relativement rare. Les facteurs d’instruments allemands, puis anglais, ont toutefois repris et modifié le principe de Cristofori. Johann Andreas Stein a notamment développé une mécanique qui a influencé la facture des pianos dans les pays germanophones. Au cours du XVIIIe siècle, le piano s’est progressivement diffusé dans les demeures, les salons et les espaces de concert. Wolfgang Amadeus Mozart a composé de nombreuses œuvres pour le pianoforte, nom alors couramment employé, en exploitant ses possibilités de contraste et de nuance.

Un principe toujours reconnaissable

Les pianos modernes ont connu d’importantes transformations depuis les instruments de Cristofori : leurs marteaux, leurs cordes, leur structure et leurs pédales ont été perfectionnés, et leur puissance sonore s’est considérablement accrue. Leur principe essentiel demeure néanmoins identifiable dans l’action d’une touche qui déclenche la frappe d’un marteau sur une corde et permet à l’interprète de varier le volume. Plusieurs instruments anciens de Cristofori sont encore conservés, notamment au Metropolitan Museum of Art de New York et au Museo Nazionale degli Strumenti Musicali de Rome. Ils témoignent de l’origine italienne du piano et de la portée de l’invention réalisée par Cristofori au début du XVIIIe siècle.

CultureG.org