Informatique

Qui a inventé l'ordinateur ?

La réponse

L'ordinateur moderne est le résultat de plusieurs inventions et contributions, mais Charles Babbage est souvent considéré comme le père de l'informatique pour avoir conçu au XIXe siècle la machine analytique, un ancêtre mécanique de l'ordinateur. Alan Turing a ensuite posé les bases théoriques de l'informatique avec sa machine de Turing dans les années 1930.

En savoir plus

L’ordinateur n’a pas été inventé par une seule personne. Il est le résultat d’une succession d’innovations mécaniques, mathématiques et électroniques. Charles Babbage est toutefois souvent considéré comme le père de l’informatique, car il a conçu au XIXe siècle une machine programmable d’une ambition exceptionnelle : la machine analytique. Au siècle suivant, Alan Turing a fourni une partie essentielle des fondements théoriques permettant de définir ce qu’est un calcul réalisable par une machine.

La machine analytique de Charles Babbage

Dans les années 1830, le mathématicien et inventeur britannique Charles Babbage imagine d’abord la machine différentielle, destinée à automatiser certains calculs numériques. Il conçoit ensuite, à partir de 1834, une machine beaucoup plus générale : la machine analytique. Celle-ci devait comporter une unité de calcul, appelée le « moulin », une mémoire, appelée le « magasin », ainsi qu’un mécanisme de contrôle des opérations. Les instructions et les données devaient être introduites notamment au moyen de cartes perforées, selon un principe inspiré des métiers à tisser de Joseph Marie Jacquard. La machine analytique ne fut pas achevée du vivant de Babbage, en raison de difficultés techniques, financières et administratives, mais ses plans décrivaient déjà plusieurs caractéristiques associées aux ordinateurs : une machine programmable et capable d’enchaîner automatiquement différentes opérations.

La contribution d’Ada Lovelace

La mathématicienne britannique Ada Lovelace a joué un rôle important dans la compréhension du projet de Babbage. En 1843, elle publie des notes accompagnant un article consacré à la machine analytique, dans lesquelles elle décrit notamment une méthode destinée à calculer les nombres de Bernoulli. Cette méthode est souvent considérée comme l’un des premiers programmes conçus pour une machine. Lovelace comprend aussi que la machine pourrait traiter autre chose que des nombres, à condition que l’information soit représentée sous une forme manipulable par ses mécanismes. Son travail contribue ainsi à faire de la machine analytique non pas une simple calculatrice, mais le modèle d’une machine générale.

Alan Turing et les bases théoriques

Dans les années 1930, Alan Turing apporte une contribution d’une autre nature. Dans son article de 1936, « On Computable Numbers, with an Application to the Entscheidungsproblem », il décrit une machine théorique capable de lire et de modifier des symboles selon un ensemble de règles. Cette machine de Turing n’est pas un appareil construit pour effectuer des calculs courants : c’est un modèle abstrait permettant de définir les opérations qu’une procédure automatique peut réaliser. Turing montre également qu’il existe des problèmes qu’aucune procédure algorithmique générale ne peut résoudre. Ses travaux, parallèlement à ceux d’Alonzo Church et d’autres logiciens, fondent l’informatique théorique et précisent les possibilités comme les limites du calcul.

Des machines électroniques à l’ordinateur moderne

Les réalisations physiques se multiplient au XXe siècle, particulièrement dans les années 1940. L’Atanasoff-Berry Computer, conçu par John Atanasoff et Clifford Berry, fait partie des premiers calculateurs électroniques numériques, même s’il s’agit d’une machine spécialisée plutôt que d’un ordinateur généraliste. L’ENIAC, développé par John Mauchly et J. Presper Eckert, compte ensuite parmi les premiers grands ordinateurs électroniques généralistes. Il utilise des tubes à vide et peut effectuer des calculs très rapidement pour son époque, mais sa programmation exige encore de modifier des connexions et des réglages. Les travaux menés autour de l’EDVAC et le rapport rédigé en 1945 par John von Neumann contribuent ensuite à diffuser le principe du programme enregistré en mémoire, qui devient une caractéristique majeure de nombreuses machines ultérieures. L’ordinateur moderne est donc l’aboutissement d’une histoire collective : Babbage en a imaginé un ancêtre programmable, Turing en a établi le modèle théorique, et les ingénieurs du XXe siècle en ont réalisé les versions électroniques.

CultureG.org