Histoire de la langue française

Qui a instauré l’Académie française en 1635 ?

La réponse

L’Académie française a été fondée en 1635 sous l’impulsion du cardinal de Richelieu, alors ministre de Louis XIII. Son objectif était de fixer les règles de la langue française et de veiller à sa pureté. Elle compte aujourd’hui quarante membres élus à vie.

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En 1635, le cardinal de Richelieu pose les bases d’une institution qui va marquer durablement l’histoire de la langue française : l’Académie française. Cette création s’inscrit dans un contexte où le pouvoir royal cherche à renforcer l’unité du royaume, non seulement sur le plan politique, mais aussi culturel. Avant cette date, le français, déjà langue de la cour et de l’administration, manque encore de normes stables qui permettraient de le distinguer clairement des dialectes régionaux et d’autres langues en usage.

Une institution née d’une volonté politique et culturelle

L’initiative de Richelieu ne surgit pas ex abrupto. Dès le début du XVIIe siècle, des cercles de lettrés et d’écrivains, comme le cercle de Valentin Conrart, se réunissent informellement pour discuter de questions linguistiques et littéraires. Richelieu, fin stratège, comprend rapidement l’intérêt de fédérer ces élites autour d’un projet commun. En 1634, il convoque ces hommes de lettres et leur propose de formaliser leur collaboration sous l’égide de l’État. L’édit royal de 1635 officialise cette union : l’Académie française est née, placée sous la protection directe du souverain.

Les missions initiales : stabiliser et promouvoir le français

Dès sa fondation, l’Académie se voit assigner une double mission : fixer les règles de la langue et en garantir la pureté. Il ne s’agit pas seulement d’imposer un usage, mais de créer un outil de cohésion nationale. À l’époque, le français coexiste avec le latin dans les textes officiels et avec des langues régionales comme l’occitan ou le breton. L’Académie doit donc trancher entre les usages parisiens, déjà dominants, et les autres influences. Ses premiers travaux aboutiront, en 1694, à la publication du Dictionnaire de l’Académie française, une référence qui servira de base à l’enseignement et à la littérature pour les siècles à venir.

Un modèle inspiré des académies italiennes et espagnoles

L’idée d’une académie dédiée à la langue n’est pas une innovation française. Richelieu s’inspire directement des modèles italiens, comme l’Accademia della Crusca fondée à Florence en 1583, ou de l’Académie espagnole créée en 1713. Ces institutions visaient à codifier les langues vernaculaires, alors en concurrence avec le latin. En France, le projet prend une dimension supplémentaire : il s’agit aussi de rivaliser avec les cours européennes, notamment Madrid et Rome, où les langues nationales sont déjà promues comme symboles de prestige culturel et politique.

L’héritage durable de Richelieu et de l’Académie

L’impact de Richelieu sur la langue française dépasse largement son époque. L’Académie, malgré les critiques et les évolutions, reste un pilier de la culture française. Ses membres, surnommés les Immortels, perpétuent une tradition de rigueur et de débat linguistique. Aujourd’hui encore, le Dictionnaire de l’Académie française continue d’être une référence, même si son rôle s’est adapté aux enjeux modernes, comme la féminisation des termes ou l’intégration des anglicismes. L’institution incarne ainsi la continuité entre un projet du XVIIe siècle et les défis contemporains de la langue.