Qui a écrit le premier dictionnaire français imprimé en 1606 ?
La réponse
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Au début du XVIIe siècle, la langue française ne dispose pas encore des dictionnaires normatifs qui apparaîtront plus tard. C’est dans ce contexte que paraît, en 1606, le Thresor de la langue françoyse de Jean Nicot. Cet ouvrage occupe une place majeure dans l’histoire de la lexicographie française : il constitue le premier dictionnaire français imprimé selon la référence traditionnellement retenue. Publié après la mort de son auteur, il témoigne de l’attention croissante portée au vocabulaire, à ses usages et à son évolution.
Un recueil de mots et d’expressions
Le Thresor de la langue françoyse n’est pas un dictionnaire moderne au sens actuel du terme. Il s’agit plutôt d’un vaste recueil de mots et d’expressions, organisé par ordre alphabétique afin de faciliter la consultation. Les entrées sont accompagnées de définitions et, dans certains cas, d’exemples d’usage. L’ouvrage rassemble des termes de la langue courante, mais aussi des mots plus spécialisés ou anciens. Il permet ainsi d’observer l’état du français à une époque où le vocabulaire, l’orthographe et les usages ne sont pas encore fixés selon des règles communes.
Le travail d’un érudit et d’un diplomate
Jean Nicot, né en 1530 et mort en 1604, est à la fois diplomate, homme de lettres et érudit. Sa carrière l’a notamment conduit à séjourner au Portugal, ce qui l’a mis en contact avec d’autres traditions linguistiques et culturelles. Son intérêt pour les mots s’inscrit dans l’humanisme de la Renaissance, qui valorise l’étude des langues, des textes et de leurs transformations. Le Thresor paraît deux ans après sa mort, en 1606, ce qui explique son caractère posthume. L’ouvrage prolonge les travaux lexicographiques antérieurs tout en donnant une place centrale au français lui-même.
Une étape dans l’histoire du français écrit
L’importance du Thresor tient moins à une normalisation complète de la langue qu’à l’ampleur de l’entreprise. En réunissant des mots et des expressions dans un ensemble alphabétique accompagné d’explications, Jean Nicot offre un instrument de consultation qui contribue à rendre le vocabulaire français plus visible et plus accessible. Le livre conserve également des formes et des emplois qui peuvent différer du français contemporain. Il faut donc le lire comme un témoignage sur la langue de son temps, autant que comme un ouvrage de référence.
Un précédent pour les dictionnaires du XVIIe siècle
Le Thresor de la langue françoyse précède les grands dictionnaires qui contribueront ensuite à décrire et à encadrer le français, notamment le Dictionnaire françois de César-Pierre Richelet, publié en 1680, et le Dictionnaire de l’Académie française, paru en 1694. Ces ouvrages appartiennent à une étape ultérieure de la lexicographie, mais ils s’inscrivent dans un mouvement auquel le travail de Nicot a donné un jalon important. Le nom de Jean Nicot reste ainsi associé à la première grande entreprise imprimée consacrée au vocabulaire français.
