Qui a inventé quoi

Qui a développé le premier synthétiseur modulaire contrôlé par tension en 1964 ?

La réponse

Robert Moog, avec la collaboration du musicien Herbert Deutsch, a développé en 1964 le premier synthétiseur modulaire contrôlé par tension. Le premier synthétiseur électronique avait toutefois été mis au point plus tôt, en 1957 : le RCA Mark II, créé par Harry Olson et Herbert Belar.

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En 1964, l’ingénieur américain Robert Moog développe, avec la collaboration du musicien Herbert Deutsch, le premier synthétiseur modulaire contrôlé par tension. Cette réalisation marque une étape décisive dans l’histoire de la musique électronique : elle ne consiste pas seulement à produire des sons artificiels, mais à proposer un instrument dont les différentes fonctions peuvent être reliées et pilotées électriquement. Il faut toutefois distinguer cette invention d’un appareil antérieur, le RCA Mark II, mis au point en 1957 par Harry Olson et Herbert Belar et considéré comme le premier synthétiseur électronique.

Une invention distincte du RCA Mark II

Le RCA Mark II avait donc précédé le système conçu par Moog et Deutsch de plusieurs années. Cette antériorité est importante, car l’histoire des synthétiseurs ne commence pas en 1964. Le RCA Mark II appartient à une première génération de machines électroniques consacrées à la production et à la composition de sons. Le projet de Moog introduit cependant une autre conception de l’instrument : au lieu de réunir des fonctions dans un dispositif principalement commandé de manière centralisée, il les répartit entre plusieurs modules que l’on peut interconnecter. Le synthétiseur modulaire contrôlé par tension constitue ainsi une évolution particulière de la synthèse sonore, et non le premier appareil électronique capable de générer des sons.

Le principe du contrôle par tension

Dans le système de Moog, chaque module remplit une fonction spécialisée. Des oscillateurs produisent des signaux périodiques, des filtres modifient leur contenu fréquentiel, des amplificateurs agissent sur leur niveau et des générateurs d’enveloppe permettent de faire varier le son au cours du temps. Ces éléments sont reliés par des câbles de raccordement, ce qui permet de modifier le chemin du signal et d’expérimenter différentes configurations. Le contrôle par tension signifie que des variations électriques commandent les paramètres de ces modules. La hauteur d’un oscillateur, l’intensité d’un signal ou l’action d’un filtre peuvent ainsi être pilotées de façon continue. Cette organisation offre au musicien une grande liberté pour construire, transformer et interpréter les sons, au lieu de se limiter à un ensemble de sonorités prédéterminées.

L’héritage du système de Moog

La démarche de Robert Moog et Herbert Deutsch a contribué à faire du synthétiseur un véritable instrument de création musicale. La logique modulaire a influencé le développement ultérieur des synthétiseurs analogiques, tandis que le contrôle par tension est devenu un principe central de nombreux instruments électroniques. Dans les années qui suivent, des musiciens et des compositeurs explorent ses possibilités dans des contextes très variés. Wendy Carlos en donne une démonstration particulièrement connue avec Switched-On Bach, paru en 1968, qui présente des œuvres de Bach interprétées au synthétiseur. L’importance de l’invention de 1964 tient donc autant à son architecture technique qu’à la nouvelle relation qu’elle instaure entre le musicien, les circuits électroniques et la fabrication du timbre.

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